Intelligence Économique & Gouvernance

Fraude au BAC et coupure de l’Internet

Est-ce que c’est l’outil Internet qui est responsable de la fraude aux examens du BAC en Algérie ?

Couper Internet durant les épreuves du BAC pour réduire les fraudes peut-il être considéré comme une solution pertinente pour endiguer le phénomène ?

N’est-ce pas plutôt une solution facile mais dont les conséquences sont désastreuses aussi bien sur le plan économique que sur l’image que nous donnons de notre pays au Monde ?

Couper Internet durant une heure (ou quelques heures) pendant quelques jours abouti aux conséquences suivantes :

➡️ Les entreprises travaillant avec l’outil Internet sont doublement pénalisées : Pertes financières et atteinte à leur image.

➡️ Notre pays est perçu comme étant un pays autoritaire et imperméable aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

➡️ Je ne pense pas que cette méthode radicale et brutale soit une solution pour prendre en charge le phénomène de la fraude.

➡️ Grande frustration, insatisfaction et mécontentement constatés auprès des citoyens entraînant chez eux une mauvaise perception aussi bien des pouvoirs publics que des entités chargées de développer les nouvelles technologies.

Pour ma part, je pense que le mal est beaucoup plus profond qu’il n’y parrait et que la fraude ne se limite pas uniquement au BAC.

👉 On fraude le fisc,

👉 On fraude les services de la sécurité sociale,

👉 On use du faux et de l’usage du faux auprès de l’administration pour bénéficier de certaines prestations sociales ou autres,

👉 On bricole nos compteurs pour réduire notre facture d’électricité, de gaz ou d’eau,

👉 On falsifie nos titres et diplômes pour occuper des postes et des fonctions pour lesquels nous n’avons aucune compétence,

👉 Même la Zakat n’est pas épargnée par le phénomène de la fraude et on essaie de ruser avec le Bon Dieu pour tenter de réduire quelque peu le montant dû,

👉 Et bien d’autres comportements déviants et contraires à la morale, à l’éthique et à la déontologie.

La fraude est donc bien un phénomène social et sa prise en charge doit être beaucoup plus élaborée qu’une simple coupure de câbles.

Quelles sont alors les solutions que nous devons apporter à notre société pour la faire revenir à la normalité ?

Le débat est ouvert.

P.S : Il faut tout de même admettre que cette coupure subie et non désirée de l’Internet présente au moins un avantage : C’est une déconnexion forcée mais bien utile à notre addiction maladive aux réseaux sociaux ainsi qu’à notre santé mentale. Profitons alors de ces moments pour revenir à la lecture de livres, pratique bien plus agréable et utile.

(C) 2024 Labdi Abdeldjelil

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Est-ce que les Algériens pratiquent le quiet quitting ?

Commençons d’abord par savoir ce que c’est que ce terme de quiet quitting.

Encore un anglicisme à élucider.

Pauvre de moi qui n’a jamais fait d’études de langue anglaise.

Le quiet quitting, traduit en français par démission silencieuse, est un terme qui se rapporte au comportement d’un collaborateur qui se contente de faire le strict minimum au travail.

Ce phénomène s’est popularisé sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, et reflète une tendance où les employés, surtout les jeunes, choisissent de ne pas s’engager au-delà des exigences de base de leur poste.

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises ne répondent plus aux besoins des salariés en termes de formation, de rémunération ou d’évolution de carrière. 

En pratique, cela signifie que les employés respectent leurs horaires de travail sans accepter de tâches supplémentaires, ne répondent pas aux sollicitations en dehors de leurs heures de travail, et ne cherchent pas à se surpasser ou à prendre des responsabilités qui ne font pas partie de leurs attributions contractuelles.

Ce comportement peut être motivé par un désir d’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, ou comme une réaction à un manque de reconnaissance au travail ou à un sentiment de mal-être.

Le quiet quitting est souvent vu comme une réponse à une charge de travail excessive ou à un environnement de travail stressant, et il est particulièrement répandu parmi les jeunes générations qui valorisent l’équilibre entre travail et vie personnelle.

👉 Qu’en est-il de cette pratique en Algérie ?

Pour ne rien vous cacher, je pense, et à juste titre, que ce terme doit être né chez nous car pratiqué par une grande majorité de nos compatriotes. Nous avons l’impression chez nous que tout le monde est en mode quiet-quitting puisque personne n’a envie de faire correctement son travail ni de faire des efforts pour s’améliorer.

Vous avez des doutes ?

Regardez autour de vous !

Il n’y a que les supérettes, les fast-food et les boulangeries qui fonctionnent à plein régime.

Je me rappelle, il y a quelques temps, une dizaine d’années environ, des échanges ont eu lieu au sein des enseignants (pas tous heureusement) et qui se passaient le mot d’orde suivant : Du moment que nous sommes mals payés, travaillons juste en fonction du salaire que nous percevons. L’évaluation qui a été faite à l’époque c’était de travailler seulement pendant la première moitié du mois, c’est-à-dire quinze jours, au lieu des trente du mois. Le reste du temps se fera en mode quiet-quitting, autrement dit, aucun effort ne sera fourni.

Je vous assure que cette histoire est des plus authentiques.

➡️ Grave non ?

➡️ Est-ce que cela se fait encore aujourd’hui ?

➡️ Est-ce qu’il y a des secteurs en Algérie adeptes du mode quiet-quitting ?

Si vous avez des informations sur des secteurs particuliers, je suis preneur et partagez-les nous SVP histoire de sonder la situation actuelle.

Merci 👍

(C) 2024 Labdi Abdeldjelil

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