Intelligence Économique & Gouvernance

Mobilis se met à l’anglais !

J’ai reçu hier jeudi 05 mars 2026 un SMS de notre opérateur téléphonique mobile historique Mobilis et je vous le livre en entier :

« Dear Mr. ABDELJELIL LABDI As per your request the new service offer, Revolution 1000 is added to your service number 6******6 as of 05-03-2026. Please contact customer service for additional information. Thank you, Mobilis. »

Je vous rappelle que l’anglais et moi cela fait 36.

Durant mon cursus scolaire, j’ai plutôt acquis l’espagnol au lieu de l’anglais comme langue étrangère, et cela n’a pas été du tout mon choix.

Je suis donc bien un analphabète confirmé en anglais et c’est bien dommage pour moi et à mon âge (67 ans).

Pour le moment et sachant que je suis en retraite, j’estime que connaître trois langues est largement suffisant pour moi : Arabe – Français & Espagnol.

BASTA.

Finalement j’ai recouru à Google Traduction pour déchiffrer le SMS transmis par Mobilis à un Algérien vivant en Algérie en 2026.

C’est vraiment du burlesque n’est-ce pas !

Un drôle de sketch en pleine période de Ramadhan.

SVP Mobilis, puisque vous avez décidé de ne plus utiliser la langue de notre ancien colonisateur, je préfère donc que vous m’envoyez à l’avenir vos SMS en Arabe (notre langue nationale et officielle) plutôt qu’en Anglais pour la simple raison que je ne connais un traître mot d’anglais.

Merci 🙏 Mobilis

Pour connaître mon avis sur les questions linguistiques en Algérie, je vous invite à consulter cet article très complet :

La langue française fait partie du patrimoine universel et n’est pas le monopole de la france

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Intelligence économique : Terminologies utilisées et éclairages

Je voudrais à travers cet article, avertir mes lecteurs qu’une grande confusion règne dans la littérature francophone concernant la discipline d’intelligence économique.

Je précise d’abord que les termes de Business Intelligence – Economic intelligence & Competitive inteligence sont issus de la littérature anglaise. Le terme en français d’intelligence économique est apparu pour la première fois au milieu des années 90 et j’ai de tout temps affirmé que la traduction française pour nommer cette nouvelle discipline était inappropriée et est à l’origine d’une multitude de confusions.

On aurait du appeler un chat un chat.

La traduction correcte et appropriée du terme anglais « economic intelligence » est tout simplement le renseignement économique.  Appelons les choses par leur nom pour éviter les confusions et les incompréhensions. La discipline IE construite aux USA vers la fin des années 60 et le début des années 70 par le Croate Stevan Dedidjer mettait l’information et les réseaux au centre de cette nouvelle discipline.

Bien entendu, le renseignement économique usité par cette discipline n’a rien à voir avec le renseignement déployé par les états qui est plutôt fondé sur une toute autre logique guerrière.

Le renseignement économique déployé par l’IE  est bienveillant et non intrusif. L’IE puise dans les informations disponibles et accessibles légalement, de manière éthique et déontologique. Il n’y a pas de barbouzeries dans le déploiement des actions IE.

Confusion entre Business Intelligence et Intelligence Économique

Il est communément admis dans la littérature francophone que le terme de Business Intelligence (BI) désigne l’ensemble des ressources de l’informatique décisionnelle au profit des décideurs.

L’informatique décisionnelle comprend les systèmes d’information en général, les ERP et CRM et toute autre applications BI. On peut même inclure l’analyse prédictive à travers l’analyse de données et le Social Médias Listening, tirés tous des outils du Big Data.

Donc, la BI c’est de l’informatique pure, un savoir-faire technique très pointu et très précis.

Dans l’intelligence économique, on est dans un tout autre registre : Celui de la démarche, de l’état d’esprit, de la vision globale et de la méthodologie de résolution des problèmes liés au monde de l’entreprise.

Donner une définition de l’intelligence économique est encore aujourd’hui un exercice très risqué. Il n’y a pas un jour ou ne sort une nouvelle définition de l’intelligence économique et cela renforce encore plus la confusion qui règne autour de cette discipline.

Cela est également la preuve irréfutable que cette discipline n’est pas encore bien cernée sur le plan conceptuel et la coordination et collaboration entre universitaires et professionnels du renseignement est plus que jamais nécessaire.

Enfin et tout particulièrement pour notre pays (l’Algérie), un pays bien bilingue où la langue arabe a sa place, une nouvelle difficulté est apparue à savoir la traduction correcte vers l’arabe du terme « intelligence économique ».

Est-ce ?
الذكاء الاقتصادي
ou
الاستعلام الاقتصادي

J’en parle dans le détail dans un article déjà diffusé et que vous pouvez consulter à travers le lien ci-dessous.

Intelligence économique : Traduction inapropriée vers l’arabe

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Que faudrait-il faire pour promouvoir l’intelligence économique en Algérie ?

Je viens d’être interpellé par un de mes contacts sur LinkedIn qui est en cours de cursus de Master en intelligence économique et je comprends tout à fait ses inquiétudes et préoccupations.

La lecture de mon dernier article sur Le pourquoi de l’inexistence de l’intelligence économique en Algérie a fait réagir mon contact.

Il a d’emblée affirmé que mon papier était très intéressant, mais nous qui sommes en cours d’études en intelligence économique, que devrions-nous faire ? Nous sommes entrain de faire des études en IE dans un pays où il n’y a pas d’IE. C’est paradoxal quand même !

Certes, il n’y a pas une volonté politique suffisante pour mettre en place les mécanismes nécessaires afin d’adopter I’IE dans les entreprises algériennes, mais au bout d’un momen, il ne faut attendre personne pour agir !

Que faudrait-il faire pour promouvoir l’intelligence économique en Algérie ?

Mon contact souhaite connaître mon point de vue sur la manière de changer cette situation vu que I’IE est extrêmement importante pour un pays comme l’Algérie, un pays qui est en voie de développement ou plutôt un pays souhaitant rejoindre le Club des pays émergents.

Moi je dirais qu’il faut admettre qu’il sera difficile d’implanter durablement l’intelligence économique dans un pays s’il n’y a pas un engagement suffisant et une implication forte de l’autorité : Et c’est le cas de mon pays.

Le modèle économique en cours en Algérie est également une contrainte non négligeable. Comment voulez-vous mettre en pratique des concepts crées et inventés en économie libérale et tenter de les mettre en pratique dans une économie non libérale : La tâche sera inévitablement rude.

En Algérie nous avons un mix hybride entre une économie libérale et un socialisme d’état : Un véritable OVNI, un modèle économique non identifié. Et je ne parle pas de la culture locale qui pourrait certainement jouer un rôle de premier plan dans la réussite d’une démarche d’intelligence économique si l’on regarde du bon côté des choses.

L’Algérien est par essence un individu très créatif, innovateur et débrouillard et il suffit juste de lui ouvrir quelques petits chemins autorisés pour qu’il puisse s’exprimer au bénéfice de toute la nation. La liberté d’entreprendre est innée chez l’Algérien et il faudrait juste l’encourager un petit peu et le pousser dans la bonne direction.

Que pouvons-nous faire de particulier pour encourager cela ?

Notre communauté nationale de renseignement pourrait contribuer de manière significative afin de faire réussir une bonne implantation de l’intelligence économique ne serait-ce qu’à travers le volet formation à la collecte et à l’analyse de l’information utile aux entreprises. Quelle belle synergie entre la communauté nationale de renseignement et le monde de l’entreprise : Une merveilleuse idée qui reste à creuser et à approfondir.

En attendant que tout cela se mette en place, qu’est-ce qui serait intéressant à faire pour booster le processus et tout particulièrement pour ceux qui ont déjà acquis une bonne démarche d’intelligence économique ?

Une seule réponse pourrait être envisagée face à cette situation. Il faut tout simplement pratiquer, pratiquer et encore pratiquer grâce à la démarche d’intelligence économique acquise et montrer à son environnement immédiat que cela est possible d’améliorer sensiblement notre gouvernance des choses. L’effet de contagion fera le reste. Le grand secret est dans l’expérimentation des procès acquis.

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Comment rechercher l’information utile à la prise de décision ?

Comment rechercher l’information clé grâce à la démarche d’intelligence économique et aux bases de données ?

Cet article tentera de convaincre pourquoi ma démarche d’intelligence économique recoure aux bases de données pour rechercher l’information clé qui fera la différence en matière de prise de décisions et donc de gouvernance.

Un premier cas concret de déploiement d’une démarche d’intelligence économique dans le secteur de la Poste & Télécom sera évoqué.

Je vous rappelle que cette problématique a été vécue lorsque j’occupais le poste de conseiller du ministre de la Poste & Télécom entre juillet 2012 et janvier 2013. J’étais alors confronté au problème de mon isolement au sein du Ministère et du boycott dont je faisais l’objet. Je n’avais à l’époque aucun accès à l’information dont j’avais besoin pour exercer mes activités de conseil en protection du patrimoine.

Si vous n’avez pas pris connaissance de cet épisode, vous pouvez vous rattraper en consultant l’article ci-dessous :
Quelle est l’utilité d’avoir une bonne démarche d’intelligence économique

Comment je choisi les champs des bases de données créés ?

La création de bases de données a pour finalité une meilleure compréhension et connaissance des problèmes pour mieux les résoudre. Une attention particulière devra donc être accordée aux champs de la base de données. C’est l’exploitation future des informations contenues dans ces champs qui nous permettra de mieux connaître les problèmes afin de mieux les prendre en charge.

Revenons maintenant à nos bases de données pour savoir comment trouver l’astuce qui permet de trouver les bons champs de la base de données.

Le sujet était vraiment ouvert au départ puisque je n’avais aucun but précis à atteindre. Mon souci c’était juste d’avoir une idée générale sur le comment se fait l’attribution des marchés publics au sein du secteur de la Poste & Télécom. Je n’avais aucune idée précise arrêtée à l’avance. Je ne savais rien et tout était à savoir dans ce nouveau monde pour moi.

Comme je lisais quotidiennement la revue de presse destinée au Ministre, mon attention a été attirée par la présence de tous les appels d’offres diffusés par l’ensemble des structures relevant du secteur de la Poste & Télécom : Pourquoi ne pas organiser tout cela en base de données pour voir plus clair ?

C’est assez simple en fait mais nous devons créer une Base ee donnée par type de prestation. Dans mon cas concret, j’ai examiné le cas du marché de la pose de la fibre optique en Algérie. La Base de données m’a éclairé sur ce marché en me fournissant l’entreprise qui avait le monopole sur la pose de la fibre optique en Algérie ainsi que le montant engrangé durant l’année 2012.

Nous pouvons donc suggérer cette idée pour étudier n’importe quelle type de prestation dans n’importe quel domaine. La haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC) pourrait s’en inspirer à titre d’exemple.

Quels sont les champs qui ont été utilisés ?

– Date de diffusion de l’appel d’offre
– Qui a lancé l’appel d’offre ?
– Objet de l’appel d’offre ?
– Qui a obtenu le marché ?
– Montant de la prestation ?
– Infructuosité ?
– Action après infructuosité.

Les résultats obtenus

– Un analyse fine sur qui diffuse les appels d’offres ? Il s’agit de la réponse sur le mode de gouvernance de la structure : Sommes-nous dans un cas de centralisation des décisions de gestion ou au contraire il y a une véritable décentralisation  ?

– Désignation des entreprises qui ont obtenu le marché avec les montants obtenus : Une vue d’ensemble qui permet une première appréciation du déploiement des marchés publics.

– Le montant global du marché : Cela nous renseigne sur l’effort d’investissement. Nous pouvons faire plus tard des comparaisons par année d’exercice pour quantifier les évolutions.

– Est-ce que l’appel d’offre a été infructueux ? La réponse à cette question nous éclaire sur deux points  : Maîtrise de la rédaction des cahiers de charges et niveau de connaissance des besoins à satisfaire.

– Quelles actions après l’infructuosité ? Deux éventualités : Aucune action envisagée et donc il y a des problèmes à élucider ou réécriture du cahier de charges et rediffusion de l’appel d’offre.

L’extraction de l’information à partir de la base de données sera alors aisée et nous permettra ensuite d’affiner la nature des décisions à prendre dans le futur.

Nous aurons donc un tableau de bord très pratique où figureront en bonne place les éléments ci-après :

➡️ Le nombre d’appels d’offres diffusés par structure avec une répartition géographique

➡️ Tableau des entreprises ayant obtenu un marché et montant total obtenu

➡️ Le nombre d’appels d’offres infructueux par structure

➡️ Qu’est-ce qui a été fait après infructuosité ?

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Algérie Poste se conforme aux recommandations du GAFI

L’année 2026 semble être dédiée à la conformité de l’Algérie aux recommandations du GAFI. Tout le secteur financier et bancaire est concerné par cette mise à jour et Algérie Poste se retrouve donc en première ligne avec ses plus de vingt millions de comptes CCP.

Pour le moment, c’est le calme plat tout particulièrement au niveau des banques qui « travailleraient », selon certaines sources, en silence.

Est-ce vrai ?

J’ai des doutes !

La preuve ?

Je suis détenteur d’un compte bancaire commercial au sein d’une grande banque publique (que je ne citerais pas), je n’exerce aucune activité commerciale depuis au moins cinq années, aucun mouvement sur mon compte durant toute cette période et la banque ne s’est jamais inquiété de cela : Ni mail, ni appel téléphonique, rien, que dalle.

Mes doutes sont donc bien fondés. Ils sont peut-être entrain d’attendre à ce que mes derniers milliers de dinars soient siphonés en raison de leurs prétendus frais de gestion de compte. Qui sait ?

Pareil du côté d’Algérie Poste : Un silence assumé. Et pourtant la tâche qui attend Algérie Poste est colossale : Mettre en conformité aux recommandations du GAFI plus de vingt millions de clients. Un très gros chantier tout de même.

Algérie Poste a réalisé toutefois un travail (sans communication aucune) en mettant en ligne un formulaire que ses clients devraient renseigner obligatoirement à partir du 01 mars 2026, le fameux KYC (Know Your Customer – Connaître son client) sur sa plate-forme ECCP.

Le formulaire KYC est en ce moment le Trend de nombreux « influenceurs » nationaux sur les réseaux sociaux et tout particulièrement sur Facebook et Tiktok tentant d’occuper la place vide laissée par Algérie Poste.

Et là, je tiens à avertir sérieusement mes amis que seule Algérie Poste est habilitée à délivrer des informations fiables sur ce qu’il y a lieu de faire ou de ne pas faire.

Et il y a du boulot…

Commençons par débroussailler les choses en vulgarisant d’abord cette notion de conformité au GAFI et de mettre en avant quelques interrogations sur le contenu du formulaire KYC diffusé.

Qu’est-ce que le GAFI ?

Le financial action task force (FATF) ou groupe d’action financière (GAFI en français) est une organisation intergouvernementale créée en 1989 à l’initiative des sept pays les plus puissants du monde : Le G7.

Sa mission est d’élaborer des normes internationales pour lutter contre :
➡️ Le blanchiment de capitaux,
➡️ Le financement du terrorisme,
➡️ Et, plus récemment, le financement de la prolifération des armes de destruction massive.

Le GAFI publie ses célèbres 40 recommandations, qui servent de référence aux législations nationales en matière de conformité bancaire et financière.

En octobre 2025, l’Algérie a été maintenue sur la liste grise (surveillance renforcée) du GAFI en raison de lacunes persistantes dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Malgré des progrès et des réformes engagées depuis 2023, le pays doit continuer à renforcer son cadre juridique. L’Algérie s’est engagée à haut niveau à améliorer l’efficacité de son régime de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Et c’est ce qui explique toute cette agitation au sein des milieux financiers et bancaires Algériens aujourd’hui.

Qu’est-ce que le KYC pour le milieu bancaire et financier ?

Le KYC est un ensemble d’obligations réglementaires imposées aux banques pour identifier, vérifier et suivre leurs clients afin de prévenir le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la fraude.

Concrètement, le KYC repose sur trois piliers factuels et vérifiables :

Identification du client : La banque collecte des données d’identité fiables. Nom, date et lieu de naissance, adresse, documents officiels (pièce d’identité, statuts pour une entreprise).

Vérification et compréhension de la relation : Les informations sont contrôlées et la banque cherche à comprendre la finalité de la relation d’affaires (origine des fonds, activité économique, bénéficiaire effectif).

Surveillance continue : Les opérations sont suivies dans le temps afin de détecter des comportements atypiques ou à risque et, le cas échéant, effectuer des déclarations aux autorités compétentes.

Ces obligations découlent des standards internationaux définis par le Groupe d’action financière, repris ensuite dans les législations nationales et les règles prudentielles des superviseurs bancaires.

Les incompréhensions que vous risquez de rencontrer en renseignant votre notice KYC ?

Primo : Pourquoi la notice nous demande si nous sommes des résidents aux USA ou des assujettis fiscaux US ? Là, je vous assure, j’ai été plaqué, figé et paralysé à la lecture de ses mots. Algérie Poste nous doit des explications.

Est-ce tout simplement une application en Algérie de la Loi Américaine FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act) sur l’évasion fiscale ?

Il s’agit d’une loi américaine adoptée en 2010 et son objectif est de lutter contre l’évasion fiscale des contribuables américains détenant des comptes financiers à l’étranger. Et la question qui mérite d’être posée serait de savoir si notre pays a signé un accord intergouvernemental avec les USA sur l’application de cette loi.

Secundo : Que signifie une personne politiquement ou publiquement exposée (PPE) ? Et qui décide qu’on soit ou non une PPE ?

Dans le cadre du Groupe d’action financière, une personne politiquement exposée (PEP) est une personne qui exerce ou a exercé une fonction publique importante, et qui présente, à ce titre, un risque accru de corruption ou de détournement de fonds publics.

Selon les Recommandations 12 et 22 du GAFI, une PEP inclut notamment :
– Chefs d’État ou de gouvernement,
– Ministres et hauts responsables politiques,
– Parlementaires,
– Hauts magistrats,
– Dirigeants d’entreprises publiques,
– Officiers supérieurs des forces armées,
– Dirigeants de partis politiques importants.

Sont également concernés les membres proches de la famille et les personnes connues pour être étroitement associées à une PEP.

Conséquence bancaire : Ces profils font l’objet de mesures de vigilance renforcées (Enhanced Due Diligence), notamment sur l’origine des fonds et la surveillance des transactions.

Voilà, je finis donc cet article de vulgarisation et de sensibilisation autour des recommandations du GAFI et ses retombées sur nous autres citoyens sur une note optimiste en espérant avoir suffisamment aiguillé notre fleuron du numérique, Algérie Poste, une entité publique qui fait tant pour améliorer notre quotidien.

Bravo 👍 donc à Algérie Poste et souhaitons-lui de nombreuses réussites et succès.

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Pourquoi l’intelligence économique est inexistante en Algérie ?

L’objet de cet article est d’examiner pourquoi l’intelligence économique est inexistante en Algérie aujourd’hui.

L’intelligence économique (IE) a été adoptée officiellement en décembre 2006 par le Gouvernement Algérien et c’est donc presque une vingtaine d’années qui se sont déjà passées.

Qu’en est-il aujourd’hui des pratiques d’intelligence économique mises en œuvre au sein de nos entreprises ?

Il est triste de constater que le bilan n’est malheureusement pas glorieux. Très rares (sinon inexistantes) sont les entreprises qui utilisent aujourd’hui de manière formelle une démarche d’intelligence économique dans leurs processus. Même la Direction Générale censée promouvoir l’IE dans le secteur de l’Industrie à été dissoute au moment où son ancien responsable avait en charge le Ministère de l’industrie.

Si l’intelligence économique est inexistante aujourd’hui en Algérie, que faut-il en penser ?

Il faut tout simplement s’en remettre à la raison et accepter le fait que l’introduction de l’intelligence économique en Algérie est un échec total et bien consommé.

Après presque une vingtaine d’années d’existence, l’intelligence économique en Algérie reste une discipline très peu connue aussi bien par nos universitaires que par le monde de l’entreprise.

C’est vrai que l’engagement institutionnel en faveur de l’intelligence économique n’a jamais été présent et rassurant.

Quelles sont les autorités qui évoquaient dans leur discour officiel les bienfaits de l’intelligence économique ?

Aucune, il n’y en a pas malheureusement.

Il y a ensuite un véritable problème de formation en IE. En effet, le peu de formations existantes en Algérie sont inspirées du modèle français d’intelligence économique et sont donc en inadéquation totale avec les besoins réels de l’entreprise algérienne. Les personnes acquièrent des formations théoriques, loin de l’action concrète sur le terrain, d’où l’absence d’efficacité.

Même les rares étudiants qui font des Master ou Doctorat en IE trouvent des difficultés pour faire avancer leur mémoires de fins d’études ou de thèse et ce faute de la disponibilité d’un encadrement de qualité.

Ensuite, le peu d’entreprises Algériennes qui ont tenté d’adopter l’IE comme outil de développement et de compétitivité, sont souvent influencées par les pratiques françaises de l’IE, se concentrant davantage sur des aspects de sécurité et de protection de l’information ou de l’entreprise alors que nos véritables enjeux sont ailleurs. C’est ce qui explique en partie pourquoi l’intelligence économique est inexistante en Algérie aujourd’hui.

Notre pays ne doit pas être dans une logique de protection et de sécurité pour construire son avenir. Nous manquons de tout et avons besoin de beaucoup de choses. Donc, notre pays doit se trouver une vocation de bâtisseur où l’ouverture aux autres serait inévitable pour acquérir savoir et savoir-faire. Nous serons quelques peu vulnérables dans notre posture d’ouverture aux autres et c’est tout à fait normal dans cette phase de notre croissance.

Nos grands axes d’effort sont bien identifiés et délimités : Infrastructures de base, sécurité alimentaire et ses implications dans le monde agricole, poursuite des réalisations en matière de sécurité hydrique, satisfaction de nos besoins en médicaments, amélioration de notre mode de gouvernance.

Nos gros chantiers le sont aussi : Amélioration des performances de notre système d’enseignement et d’éducation, santé publique, justice, équité fiscale, réforme financière et bancaire.

Voilà donc ce qui nous attends si nous souhaitons rejoindre dans un proche avenir le Club des pays émergents.

Quelques références utiles que vous pouvez consulter :

Pratiques d’intelligence économique en Algérie

Est-ce qu’il existe des cabinets de conseil privés en intelligence économique en Algérie ?

Pourquoi se former en intelligence économique est utile ?

Est-ce si compliqué de faire de la veille en Algérie ?

Intelligence économique en Algérie

Les enjeux de la numérisation en Algérie

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Les gens honnêtes ont-ils un avenir ?

J’ai souvent des doutes quant à la réponse à donner à cette question et j’ai vraiment envie de répondre non en raison de l’état de délabrement dans lequel notre société se trouve en ce moment.

J’ai souvent de sérieux doutes quant à la pertinence de l’éducation que j’ai transmise à mes enfants depuis leur jeune âge, une éducation construite autour des valeurs du travail bien fait, de l’honnêteté, de la droiture et de la vertu.

Est-ce une bonne chose que d’apprendre à ses enfants ces valeurs dans une société qui a perdu les siennes ?

Regardons autour de nous pour avoir une idée de l’état de délitement dans lequel nous sommes aujourd’hui en termes de valeurs.

Ces doutes m’envahissent quotidiennement, mais heureusement, je reviens toujours à la raison et aux valeurs qui m’ont été transmises à moi aussi par mes propres parents.

Ne nous méprenons jamais sur cette douloureuse question. Oui – Oui et encore un Oui ferme et absolu ! Les gens honnêtes ont un avenir et une place importante dans la société. L’honnêteté est une vertu essentielle dans les relations humaines, car elle permet de construire des relations de confiance et de respect mutuel.

Bien sûr, il peut y avoir des moments où l’honnêteté peut sembler difficile ou coûteuse, mais cela ne signifie pas que les gens honnêtes ne peuvent pas réussir ou prospérer dans la vie. En fait, être honnête peut être un avantage dans de nombreuses situations, car cela peut permettre de gagner la confiance des autres et de construire des relations saine et solides.

Il est vrai que la société peut parfois sembler favoriser ceux qui sont prêts à prendre des raccourcis, à tricher ou à mentir pour atteindre leurs objectifs, mais à long terme, ces comportements peuvent souvent avoir des conséquences négatives : Le Karma bien sûr et on ne récolte que ce que l’on sème. Faites du bien autour de vous et vous aurez du bien. Faites du mal et vous le payerez cher. Le Karma est une Loi universelle qui a toujours agi depuis la nuit des temps, elle est intraitable et imperturbable.

C’est vrai que les personnes honnêtes peuvent parfois avoir besoin de travailler plus dur pour réussir, mais leur intégrité et leur fiabilité leur ouvriront des portes non accessibles aux autres.

En fin de compte, il est important de se rappeler que l’honnêteté est une valeur fondamentale et sûre qui contribue à la stabilité et à la cohésion de la société. Les gens honnêtes peuvent très certainement réussir et prospérer dans la vie tout en préservant leur intégrité et en agissant avec éthique et respect. Il n’y a aucun doute là-dessus, l’honnêteté ne peut mener qu’au succès.

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Et si la veille devenait un réflexe de gouvernance ?

Dans un monde qui bouge vite, très vite, l’entreprise algérienne ne peut plus se contenter de suivre, elle doit anticiper. La veille, lorsqu’elle est bien intégrée, devient un véritable levier de performance, de décision stratégique et de résilience.

Mais comment la rendre naturelle, fluide, vivante dans nos organisations ?

Avant de parler de plateformes ou de logiciels, parlons état d’esprit. Une culture de la veille, c’est un climat où chacun, du cadre au technicien, comprend l’intérêt de capter des signaux faibles, de croiser les informations, de partager ses observations. Pour cela, il faut raconter une autre histoire de la veille, non pas comme une tâche supplémentaire, mais comme un réflexe professionnel qui simplifie la prise de décision.

Pas besoin d’attendre une “Stratégie nationale de la veille” pour agir. Une cellule agile, quelques outils simples, un processus clair : Cela suffit pour lancer une dynamique. L’important, c’est de créer des premiers résultats, de les valoriser, et de donner envie aux autres services de s’en inspirer.

Les formations classiques, descendantes, théoriques ?

Peu d’impact. Ce qu’il faut, ce sont des ateliers immersifs, des mises en situation concrètes, où l’on expérimente la veille sur des cas concrets et réels de l’entreprise. Là, les esprits s’ouvrent, les automatismes s’installent. La formation doit faire vivre la veille, pas juste en parler.

Chaque entreprise a ses curieux, ses explorateurs, ses connecteurs. Ce sont eux, souvent sans le savoir, qui pratiquent déjà la veille. Donnons-leur de la visibilité. Écoutons-les. Encourageons les essais, les prototypes, les tests. Une culture de la veille se construit par la confiance, pas par le contrôle.

La veille n’est pas un gadget. Elle est au cœur d’une gouvernance moderne, capable d’éclairer les décisions, d’anticiper les ruptures, de détecter les opportunités. Pour cela, elle doit être portée par la direction, soutenue et ancrée dans la stratégie.

En guise de conclusion, je dirais que la veille n’est pas un luxe, c’est une nécessité.

À l’heure où l’incertitude est la seule certitude, cultiver une intelligence collective, ouverte sur le monde, devient vital.

En Algérie comme ailleurs, c’est possible, à condition d’y croire et surtout de commencer.

Tu veux amorcer cette dynamique dans ton entreprise ?

Je peux t’aider.

On en parle ?

Prends rendez-vous !

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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Quelle est l’utilité d’une bonne démarche d’intelligence économique ?

Pourquoi l’idée de profiter d’une formation à la démarche d’intelligence économique ne séduit ni les jeunes cadres ni les entreprises ?

Essayons de convaincre tout ce beau monde de l’utilité d’avoir une bonne démarche d’intelligence économique à son actif.

Que signifie en réalité le fait de détenir ou d’avoir une démarche d’intelligence économique ?

C’est tout simple !

Avoir une démarche d’intelligence économique c’est savoir comment utiliser l’information pour résoudre ses problèmes ?

Rien que cela !

Et cette compétence, vous l’aviez déjà durant votre enfance et tous les êtres humains l’ont de manière innée et naturelle.

Je vous raconte une histoire pour illustrer tout cela.

En juillet 2012, je suis affecté au Ministère de la Poste et des Télécommunications en tant que conseiller du Ministre chargé de la protection du patrimoine. Le Ministre de l’époque, un grand Monsieur, était Feu Benhamadi que Dieu ait son âme.

Je ne suis pas un cadre du secteur des Télécom bien sûr, je suis un fonctionnaire de la Défense Nationale détaché auprès de cette institution. Un corps étranger quoi ! De ce fait, la greffe va être difficile et je le savais dès le départ.

Pour faire correctement mon boulot, je devais accéder à de l’information utile et ce n’était pas facile ni évident. Tous les responsables du Ministère se sont donné le mot : Un boycott total, aucune information ne me sera partagée aussi bien par le Ministre, son Secrétaire Général ou les Directeurs centraux. Rien.

Par contre, j’étais toujours bien reçu dans les bureaux par les différents responsables à tout les niveaux (Thé, café, gâteaux, pistaches et amandes salées étaient toujours présentes et le sourire en bonus), une hypocrisie bien entretenue mais aucune informations ne circulait, rien, que dalle.

Selon leur perception des choses, les cadres ne voulaient pas partager avec moi des informations que je pourrais éventuellement utiliser contre eux : La confiance régnait…

Je savais tout cela bien entendu et rien ne m’avait surpris.

Que fallait-il faire alors ?

Dans mes pratiques managériales, et à chaque fois que j’atterris dans une nouvelle responsabilité, d’habitude j’adopte toujours une posture d’observation d’au moins trois mois, dès fois plus et parfois un peu moins, chaque situation étant particulière.

Je ne gère que les urgences. Je suis donc en mode observation attentive, curieuse et totale sans aucun présupposé, ni préjugé ou quoique ce soit d’autre.

Ne pas avoir de stratégie est finalement une stratégie dans beaucoup de cas.

Wait And See !

En tant que conseiller du ministre, je recevais quotidiennement une copie de la revue de presse destinée au Ministre. C’était un condensé de tous les articles parus sur la presse nationale (ou étrangère) et qui concernait le secteur. Même les avis d’appels d’offres émis par les différentes structures relevant du secteur y figuraient.

Un gros livre tous les jours avec au moins une bonne quarantaine ou cinquantaine de pages que je feuilletais.

En commençant à lire ces revues de presse quotidienne, je me suis toujours posé la question de la pertinence de la diffusion d’un tel document au Ministre et à ses adjoints et conseillers.

Est-il commode de lire sérieusement chaque matin quarante ou cinquante pages ?

Et avons-nous toujours le temps pour le faire ?

N’y a-t-il pas quelque chose de plus urgent à lire que des appels d’offres d’Algérie Poste, d’Algérie Télécom ou de Mobilis ?

Pour mon cas c’était différent, je m’ennuyais à mourir car considéré par mon milieu professionnel comme un lépreux ou un pestiféré, un infréquentable quoi. Donc, j’avais du temps à perdre et je ne m’empêchais pas de lire cette revue de presse quotidienne.

La question qui m’a taraudé l’esprit était la pertinence de la publication de tous ces appels d’offres.

À quoi pourraient servir les appels d’offres pour un Ministre ou un responsable important du Ministère ?

Je me suis même dit qu’il était vraiment débile de photocopier tous ces appels d’offres pour les inclure dans la revue de presse.

Le temps m’a finalement appris l’opposé de ce que je pensais alors et contrairement à toute attente, ce seront les appels d’offres qui vont me sortir de mon isolement et m’ouvrir grandes toutes les portes du Ministère de la Poste et des Télécommunications.

Je poursuis donc…

Je vous rappelle que ma formation de base c’est les mathématiques. Je ne suis pas un grand mathématicien reconnu à l’international mais j’ai bien assimilé les bases lors de mon cursus de licence de mathématiques à l’université d’Oran. J’étais surtout un passionné de l’algorithmique que j’utilisais en parallèle à l’informatique pour mettre en place des procédures élaborées de résolution de problèmes.

J’ai également à ma disposition et portée les rudiments de base pour pratiquer une informatique utile et pratique. J’adore les bases de données que j’ai pratiqué depuis les années 90 : Dbase III Plus d’Ashton-Tate avec Clipper pour passer ensuite à Microsoft Access et enfin au poids lourd Oracle.

Je me suis même initié à la programmation sous Dbase pour mettre en place mes propres programmes : Quand on aime, on n’hésite pas à investir grand pour soi-même. J’étais en quelque sorte un informaticien non diplômé capable de s’affranchir des services de « techniciens » rompus au métier mais inflexibles et durs à la détente.

Voilà donc pour mon profil : Un matheux rompu à l’analyse de données et aux vertus des TIC (technologies de l’information et de la communication).

Mon profil très cartésien et rationnel d’analyste ne m’a jamais empêché de recourir depuis ma tendre jeunesse aux vertus de l’intuition et du monde invisible.

Lorsque je suis confronté à des situations problématiques, j’ai toujours fait appel à l’autre monde qui nous entoure pour me suggérer des solutions viables auxquelles nous ne pensons pas toujours.

J’avais en effet beaucoup de peine à me faire sortir de l’isolement dans lequel on m’a confiné et il me fallait une ouverture pour sortir du piège.

J’ai donc fait ma demande au monde invisible, bien sûr, le monde de l’au-delà.

Je sais, je sais et encore je sais, ce n’est pas toujours rationnel tout cela, ni cartésien non plus. Mais je vous poserais une seule question : Notre monde, comment qu’il est ? Rationnel ou irrationnel ? Je vous laisse le soin de trouver seuls les réponses à ces questions.

Pour ma part, je suis un rationnel et cartésien mais qui croit en l’existence d’un monde parallèle, invisible, irrationel autour de nous, et qui nous complète.

La demande faite, il ne faut maintenant qu’attendre les messages et signaux de l’au-delà. Ça peut tomber n’importe quel moment. Généralement c’est souvent le matin immédiatement après le reveil que ça  arrive, sinon tous les moments sont bons : Au cours d’une marche ou promenade, lors d’une douche ou d’un bain, une méditation, une prière, lors de rêves, etc.

Trois mois ont suffi pour me sortir de ma léthargie.

Eurêka !!!!!!

J’ai trouvé 👍

Finalement, je suis bel et bien un abruti de première classe. La solution à mon isolement était là sous mes yeux et je ne l’ai pas vue : Les appels d’offres du secteur de la Poste et des Télécom.

Oui, bien sûr. Moi qui pensais que c’était de la débilité que de diffuser des appels d’offres dans la revue de presse destinée au Ministre.

Pourquoi alors ne pas organiser méthodiquement ces appels d’offres sous la forme d’une base de données Access ?

Et c’est ce que j’ai fait.

Access était à l’époque l’outil adéquat. Il fallait juste créer une Base de Données pour rassembler tous les appels d’offres de l’année 2012 et commencer la saisie des données.

J’ai eu de la chance, et je dirais même beaucoup de chance. J’avais à ma disposition une assistante très intelligente et bien organisée. Toutes les revues de presse étaient bien archivées par date et par mois par mon assistante et comble de tout, c’était une Dame qui était à l’aise avec l’outil informatique.

Je rappelle que lorsque j’étais Conseiller du Ministre, je n’avais aucun personnel à ma disposition : Juste moi et mon Assistante. Mais comme dit l’adage, une poignée d’abeilles vaut mieux qu’une nuée de mouches.

Et à partir de cet instant a démarré le processus de saisie de données avec mon assistante. Le travail a duré trois autres mois pour se terminer finalement la moitié du mois de décembre 2012.

La Base de données était donc prête à être analysée et c’est ce que j’ai fait.

Le miracle s’est bien produit et je vous liste les principales informations tirées de la Base de données « Appels d’offres – Poste & Télécom – Année 2012 ».

Concernant l’entreprise Algérie Télécom, la base de données m’a fait ressortir que durant l’année 2012, plus de 80% des marchés publics pour la pose de la fibre optique ont été attribués à une seule société. Cette société n’était même pas une SPA connue (c’était une ETCE, un établissement tout corps d’état bien banal). Elle a installé de la fibre optique sur l’ensemble du territoire national : À l’ouest du pays, au Centre, à l’Est, au Sud et à l’extrême Sud.

Il est à préciser que le volume total des marchés obtenus s’élevait à des milliards de dinars : Un gros budget quoi !

Renversant, tout de même !

Pour Algérie Poste (AP), la base de données m’a fait ressortir que tous les appels d’offres diffusés par AP durant l’année 2012 ont eu pour source unique la Direction Générale. Je rappelle qu’Algérie Poste dispose d’une multitude de Directions de Wilaya et de quelques Directions Régionales et toutes ces dernières n’ont émis aucun appel d’offre, zéro diffusion donc durant une année complète.

Autrement dit, si la Commune de Boukais à Béchar (distante de plus de 1200 km d’Alger) souhaitait réaliser un nouveau bureau de poste, ce n’est pas la Direction d’AP de Béchar qui lance l’appel d’offre de réalisation mais plutôt la DG.

Est-ce normal ?

Je m’arrête juste là, je ne dirais pas plus pour éviter de toucher à la susceptibilité des uns et des autres.

En conclusion, et sans sortir de mon bureau, ni en « espionnant » qui que ce soit, la base de données m’a permis d’accéder à des informations capitales et stratégiques pour ce qui concerne la gestion des marchés publics de l’ensemble du secteur de la Poste et des Télécom durant toute une année.

Incroyable non ?

Voilà l’utilité d’une démarche d’intelligence économique pour accéder à des informations qui étaient cachées mais retrouvées à partir d’informations ouvertes portées à la connaissance de tout le monde. Il m’a fallu juste organiser méthodiquement des informations ouvertes et accessibles à tous.

Qu’est-ce que j’allais faire avec ces informations ?

À qui vais-je transmettre ces nouvelles informations ?

Finalement, j’ai décidé de n’informer ni le Ministre ni son SG sur les conclusions auxquelles je suis arrivé.

J’ai juste décidé de porter à la connaissance des premiers responsables d’Algérie Télécom et d’Algérie Poste les résultats auxquels je suis parvenu mais sans préciser le comment je suis parvenu à le faire. Personne ne savait que j’avais en ma possession une base de données de suivi des marchés publics de tout le secteur de la Poste et des Télécom.

J’ai donc appelé par téléphone les deux responsables pour les informer.

J’ai demandé au PDG d’Algérie Télécom de me transmettre une fiche technique sur l’entreprise qui a obtenu 80% des marchés de pose de la fibre optique durant l’année 2012 et c’est le seul sujet que j’ai discuté avec lui.

Et j’ai demandé au DG d’Algérie Poste pourquoi il n’autorisait pas ses structures de Wilaya à diffuser directement leurs appels d’offre.

La seule chose que je pourrais vous dire c’est que ces deux brefs appels téléphoniques ont été ressentis comme l’effet d’un très fort séisme ou tsunami. Tout a changé pour moi ensuite en rapport avec mon isolement au sein du Ministère de la Poste et des Télécom et ce en l’espace de quelques jours.

Ce n’est que 48 heures après mes deux coups de téléphone que je me suis rendu compte de l’immense effet produit par mon action.

C’est le Ministre en personne qui a demandé à me voir personnellement et porter à ma connaissance un certain nombre d’informations que je ne pourrais vous livrer. Mais je tiens à préciser que le Ministre n’a aucunement évoqué les informations que j’ai transmis à ses deux collaborateurs.

Toujours est-il qu’à partir de cette date, toutes les structures du Département Ministériel ont été instruites officiellement pour me transmettre toutes les informations en leur possession qui pourraient éventuellement m’intéresser.

Même le Ministre (que Dieu ait son âme) et son Secrétaire Général se sont mis de la partie. Et ce n’est qu’à partir de cet instant que l’information commençait à circuler convenablement et normalement.

Ma voiture de fonction (déglinguée) m’a même été remplacée par une autre plus récente et finalement tout a changé pour moi avec la fin de mon isolement. J’ai été invité quelques temps après à visiter solennellement les sièges d’Algérie Télécom et d’Algérie Poste avec tous les honneurs requis.

Je précise enfin que je ne suis pas resté longtemps dans ce secteur après ces faits. Le mois de janvier 2013, et sur ma demande, j’ai été affecté à une autre responsabilité. Mon séjour au sein du secteur de la Poste et des Télécom n’a finalement duré que six mois, mais six mois bien remplis.

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil

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