Plus de soixante ans après son indépendance, notre pays n’a pas encore réglé définitivement le problème de la langue que devraient utiliser tous les Algériens et cela ne manquera pas d’accentuer la bureaucratie en Algérie.
Nous demeurons aujourd’hui encore un pays bilingue (Arabe et Français) et peut-être même un pays trilingue avec l’Amazigh ou pire encore quadrilingue avec l’avancée de la langue anglaise chez nous.
Admettons quand même que plus un peuple connaît de langues et mieux c’est pour lui. C’est ce que l’on dit, en théorie bien sûr, mais la réalité est tout autre.
Les faits et les explications…
La première conséquence qui risque de nous créer encore des problèmes dans le futur concerne bien évidemment notre état civil qui est devenu malgré lui un état civil bilingue (arabe et français). Je crois même que l’Algérie est un des rares pays à travers le monde à disposer d’un état civil bilingue et je vous assure que cela ne rassure nullement quant à l’efficacité de notre administration.
J’ai vécu récemment une expérience personnelle qui, j’en suis certain, aura des répercussions négatives sur mes enfants.
Je vous explique tout cela…
Je tiens à préciser que j’ai la nationalité Algérienne d’origine sur une multitude de générations, de mes parents, grands-parents et arrières grands-parents aussi bien du côté de mon père que celui de ma mère.
J’ai fait également une carrière militaire de 32 années dans l’Armée Nationale Populaire jusqu’à ma mise à la retraite. Seuls les Algériens justifiant de la nationalité Algérienne peuvent postuler pour une carrière au sein de la Défense Nationale Algérienne. Je disposais donc d’un passeport dûment établi ainsi que d’une carte nationale d’identité (CNI).
À un moment donné, ma CNI a expiré et il fallait la changer. Normalement, si nous étions dans un pays « normal », les choses seraient tout à fait simples et je n’ai pas à prouver de nouveau que je suis de nationalité algérienne pour me faire établir une nouvelle carte nationale d’identité car j’en avais déjà une, mais chez nous, c’est un peu plus compliqué.
Pourquoi ?
L’Algérie passe aux nouvelles technologies et à la numérisation et la nouvelle carte nationale d’identité est biométrique et sécurisée. Lorsque vous présentez un dossier d’établissement d’une nouvelle CNI, le certificat de nationalité figure en bonne place.
Qu’est-ce que cela signifie ?
L’administration ne reconnaît plus votre nationalité (antérieure) et vous devez prouver de nouveau votre nationalité algérienne, et le problème est là : Une perception bureaucratique des choses. Vous devriez donc présenter un acte d’état civil (Naissance ou décès) de votre père et de votre grand-père en plus du votre. Et attention !!! L’écriture des noms patronymiques doit être obligatoirement identique dans les deux langues, arabe et français, et c’est encore une perception bureaucratique des choses.
Malheureusement, cela n’a pas été le cas pour moi pour ce qui concerne l’écriture en arabe de mon nom patronymique. Je rappelle que nos états civils étaient rédigés à l’origine en français (administration coloniale) aussi bien pour moi que pour mon père et mon grand-père. Le seul souci à eu lieu lors de la transcription en arabe par l’administration de notre nom patronymique. Le nom patronymique de mon père et de mon grand-père étaient identiques et seul le mien était quelque peu différent : Il manquait un « alif », juste un malheureux « alif ».
La solution ?
L’administration algérienne a prévu heureusement cette situation et permet donc aux personnes qui ont un état civil d’origine en français de rectifier à leur convenance leur transcription en arabe et cela sur simple demande au service d’état civil de naissance et c’est ce que j’ai fait.
C’est donc suite à cette rectification de l’écriture en arabe de mon nom patronymique que j’ai pu me faire établir un nouveau certificat de nationalité algérienne et donc une nouvelle CNI ainsi qu’un nouveau passeport.
Le drame dans cette histoire est que mes enfants n’ont plus le même nom patronymique en arabe que moi. Seul le nom patronymique en français reste le même. J’ai informé mes enfants sur cette nouvelle situation qui risque de leur poser problème un peu plus tard et je leur ai suggéré de rectifier l’écriture de leur nom patronymique en arabe. Malheureusement, cette option créera une autre situation problématique, leurs diplômes universitaires devraient être rectifiés eux aussi : Un souci majeur de plus. Mes enfants ont décidé de ne rien faire pour le moment de peur des freins bureaucratiques de notre administration.
Pourquoi je vous raconte tout cela ?
Ce problème n’est pas uniquement le mien malheureusement et énormément de citoyens vivent des situations pareilles qui s’aggravent dans les cas nottament d’héritage suite aux décès de parents, ayant droit ou alliés.
Cet article est donc une bouteille à la mer lancée en direction de nos ministère de l’intérieur et de la justice pour prévoir dans le futur des procédures simplifiées pour résoudre les litiges qui peuvent survenir.
Je suggère enfin que l’administration n’oblige plus les citoyens à présenter une écriture identique dans les deux langues des noms patronymiques lorsque les registres d’état civil sont à l’origine rédigés en français : L’écriture latine pourrait donc suffir. Ce serait vraiment une avancée majeure en terme de simplification des choses administratives et de lutte contre la bureaucratie.
Je rappelle enfin à ceux qui ne le savent pas, que c’est l’administration qui a transcrit en arabe de manière unilatérale nos noms patronymiques et notre avis n’a jamais été requis ni sollicité, et c’est donc à cette administration de nous trouver une issue salutaire à nos soucis.
Merci.
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