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Intelligence Économique & Gouvernance

Pratiques et réformes bancaires en Algérie ?

En date du 29 juillet 2026 et dans le cadre des réformes bancaires en Algérie, la Banque d’Algérie, à travers une note de sa Direction générale du Crédit et de la Réglementation Bancaire, a demandé aux banques et établissements financiers de faciliter l’accès des ménages aux services bancaires afin de renforcer l’inclusion financière.

La note leur a également imposé de simplifier les démarches, de réduire les délais de traitement et d’améliorer la prise en charge des clients. Les mesures à prendre concernent l’ouverture de comptes, les moyens de paiement, les services monétiques, le financement et l’épargne, y compris les produits de la finance islamique.

Dans le cadre des nouvelles reformes bancaires en Algérie, les banques devront également diversifier leur offre, renforcer leur présence territoriale et développer les canaux numériques. La mise en œuvre de ces dispositions a été fixée au 30 septembre 2026, avec un suivi régulier des résultats.

Nous sommes donc à une semaine de la deadline fixée par la Banque d’Algérie et la question qui vient automatiquement à l’esprit est de savoir si le 01 octobre 2026, les choses vont réellement changer dans notre éco-système bancaire national.

Pour ma part, j’ai de gros doutes quant à la réactivité de nos banques car ce qui n’a pas été réalisé en vingt (20) ans ne pourrait l’être en deux (02) mois.

Commençons par expliquer d’où vient cette référence à ces vingt (20) années !

Grâce à un financement et une assistance technique de la Banque Mondiale la fin de l’année 2005, l’Algérie a mis en place deux systèmes pour améliorer la prestation de nos banques : Il s’agit des systèmes ARTS et ATCI. Ces deux systèmes entraient dans le cadre de nouvelles réformes bancaires en Algérie la fin de l’année 2005.

De quoi s’agit-il exactement ?

L’ARTS (Algeria Real Time Settlements) est le système de règlement brut en temps réel de la Banque d’Algérie mis en service le 8 février 2006. C’est un système automatisé de traitement en ligne des paiements de montants élevés ou urgents (montants de plus de un million de dinars algériens). Ce système concerne la Banque d’Algérie, les banques commerciales du pays, Algérie Poste et le Trésor public.

L’ATCI (Algérie Télé-compensation Interbancaire) est le système de compensation électronique des paiements de masse en Algérie. C’est une plateforme interbancaire automatisée qui permet d’échanger et de compenser à distance les instruments de paiement de masse (chèques, virements, effets de commerce, cartes bancaires).

Les échanges et la gestion technique sont assurés via le Centre de Pré-compensation Interbancaire (CPI). L’automatisation permet de traiter les virements le jour même et de raccourcir sensiblement les délais d’encaissement des chèques.

Est-ce que les choses se sont améliorées depuis ?

Je préfère vous laisser le soin d’apprécier vous-même la situation. Pour ma part, je vais vous raconter une situation que j’ai vécu moi-même lorsque j’ai ouvert un registre de commerce pour mes activités les années 2018 et 2019.

En tout début de l’année 2018, je me présente un jeudi matin à la CASNOS (La fameuse et illustre CASNOS) pour payer à l’avance mon du de l’année en cours. Un agent de la CASNOS me demande de revenir le samedi où il sera de permanence et pourra donc me faciliter la tâche tout en me conseillant d’avoir du cash pour payer ma première cotisation.

Je ne vous le cache pas, le fait de m’exiger du cash m’a mis en alerte et en défensive. J’ai décidé donc de me présenter le samedi pour faire la procédure tout en utilisant un chèque et non du cash. J’ai même proposé de payer grâce à un chèque CCP mais cela m’a été refusé. L’agent de la Casnos n’a vraiment pas apprécié mon insistance pour le paiement en chèque mais s’est toutefois exécuté. Donc pour moi, tout est rentré dans l’ordre avec la présentation de mon chèque de la CNEP Banque.

Quelle fût ma grande surprise lorsque six mois plus tard (je dis bien six mois), j’ai été saisi par la CASNOS pour me présenter à l’agence en urgence. Arrivé sur les lieux, on m’apprend que mon chèque (CNEP Banque) a été refusé par l’Agence BEA (où la CASNOS est domiciliée) pour des causes « techniques » : Un argument pas du tout convaincant.

Que faut-il faire alors lorsque mon chèque daté du début du mois de janvier 2018 m’a été retourné en fin du mois de juin 2018 ?

Rassuré quant à mes convictions, je décide d’émettre de nouveau un chèque pour payer ma prestation.

Quelle fût encore ma surprise lorsque la CASNOS m’appelle de nouveau, un mois plus tard, pour m’informer que mon chèque a été refusé de nouveau mais cette fois-ci par manque de provision alors que mon compte CNEP Banque était bien alimenté.

Finalement, j’ai du me résoudre à payer en cash avec en prime une pénalité de retard.

Pour ma part, il n’y avait aucun doute, c’est l’agent mécontent de la CASNOS qui aurait tout simplement appelé son « ami » chargé de la Télé-compensation au niveau de l’Agence BEA afin de bloquer mon chèque. C’était la seule explication qui m’était venue à l’esprit car il n’y avait aucune autre raison rationnelle qui aurait poussé la Banque BEA à bloquer mon chèque. Mais aussi, pourquoi avoir attendu six mois pour m’informer sur  cette situation ?

Comment que cela a été rendu possible ?

Je vous laisse donc le soin d’évaluer l’efficacité des systèmes ARTS et ATCI au moment des faits, et vous rappelle que nous étions en 2018 soit 13 ans de mise en œuvre du nouveau système.

Lorsque vous déposez un chèque dans votre agence bancaire, combien de temps s’écoule pour que votre compte soit alimenté ?

Théoriquement et selon les textes de la Banque d’Algérie, il s’agit au maximum d’un J+2 (Article 31 du règlement n°2005-06 du 15/12/2005).

Qu’en est-il dans la réalité quotidienne ?

Est-ce une question en rapport avec la qualité des machines, des équipements ou des plate-formes utilisés ?

Pour ma part, je ne le pense pas et c’est toujours le facteur humain qui est la cause de tout disfonctionnement observé :
المرو كحل الرأس
Le maure aux cheveux noirs

Tout est donc dans la moralisation de la fonction et de l’action publique.

Moraliser la fonction ou l’action publique signifie chercher à faire en sorte que l’exercice des responsabilités publiques repose davantage sur l’intégrité, l’éthique, la transparence et l’intérêt général.

Concrètement, cela implique de :
Prévenir et combattre la corruption et les conflits d’intérêt,
– Éviter le favoritisme, le clientélisme et le népotisme,
– Garantir une utilisation des ressources publiques conforme à leur destination,
– Renforcer la transparence des décisions et des marchés publics,
– Responsabiliser les agents et responsables publics,
– Faire respecter les règles déontologiques et les obligations légales,
– Placer l’intérêt général avant les intérêts personnels ou particuliers.

Dans le langage de la gouvernance publique, il s’agit plutôt de mettre en place des règles, des contrôles et des comportements qui réduisent les risques de dérives et renforcent la confiance des citoyens.

Moraliser l’action publique, c’est donc faire en sorte que le pouvoir public soit exercé avec probité, responsabilité et dans l’intérêt général.

(C) 2026 Labdi Abdeldjelil


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