Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
Et de même…
Les paroles s’envolent, les écrits restent.
Pourquoi ces deux maximes ?
C’est juste pour rétablir une vérité que peu de personnes connaissent sur les tentatives de mise en place de l’intelligence économique en Algérie.
Aujourd’hui, je met en avant un document officiel et donc historique sur l’intelligence économique en Algérie.
Par méconnaissance des choses, nous parlons souvent d’inexistence d’une implication avérée de l’autorité dans la mise en place de la démarche d’intelligence économique en Algérie, et cela est tout à fait erroné.
En effet, en date du 20 décembre 2006 (Cela fait donc presque vingt années), le Gouvernement algérien s’est réuni en Conseil de Gouvernement pour s’approprier totalement l’intelligence économique en tant que démarche à adopter pour l’ensemble des institutions nationales et dont voici la teneur.
Communiqué du Conseil du Gouvernement
Le Conseil du Gouvernement s’est réuni le Mercredi 20 Décembre 2006, sous la présidence de Monsieur Abdelaziz BELKHADEM, Chef du Gouvernement.
1️⃣ Le Conseil du Gouvernement a poursuivi l’examen du dossier portant « stratégie et politiques de relance et de développement industriels », présenté par Monsieur le Ministre des Participations et de la Promotion des Investissements.
Le Gouvernement a examiné, dans ce cadre. les volets relatifs d’une part, à l’intelligence économique et au développement des industries créatrices de haute valeur ajoutée et, d’autre part, à l’importance qu’occupent les ressources humaines dans la stratégie de développement industriel.
L’intelligence économique est comprise au sens du recueil, de l’analyse, du traitement et de la diffusion de l’information pertinente et utile qui contribue à la production des connaissances indispensables à la prise de décision et au pilotage des entreprises constituant le tissu industriel national.
Elle s’entend comme une démarche d’anticipation et de projection dans le futur, fondée sur les liens qui unissent les réseaux des entreprises et ceux des opérateurs économiques.
L’intelligence économique sous-tend ainsi, un volet important de la stratégie nationale industrielle et vise la réalisation de quatre objectifs majeurs qui sont :
▪︎ La diffusion d’une culture de l’intelligence économique qui ambitionne une évolution des comportements individuels et collectifs des acteurs économiques publics et privés, dans une vision collective et pluridisciplinaire,
▪︎ La création d’une synergie public-privé et le développement d’une perception nouvelle de leurs relations basées sur la confiance mutuelle, indispensable à l’essor de l’industrie nationale,
▪︎ La promotion du développement et la garantie de la sécurité du patrimoine technologique et industriel national par la mise en place de dispositifs de veille, capables de faire face aux enjeux de l’ouverture du marché national à la concurrence et de décourager les pratiques déloyales des concurrents,
▪︎ Le développement de la fonction prospective par la mise en système des institutions publiques, des entreprises, des universités, des centres de recherche et des acteurs économiques, à l’effet de cerner les évolutions et de déceler les actions stratégiques à entreprendre sur le moyen et le long termes pour l’industrie nationale.
Outil stratégique de maîtrise de l’information et de la connaissance de l’environnement géoéconomique, l’intelligence économique constitue le cadre privilégié d’observation des évolutions du marché concurrentiel et permet à l’entreprise et aux acteurs économiques de se doter de capacités de réactivité, d’adaptation et de prise de décision, face aux défis de l’environnement, en permanente mutation.
Dans cette perspective, le rôle de l’État, dans la mise en place des dispositifs de développement industriel et d’innovation, consiste en la mise en œuvre d’une politique nationale d’intelligence économique et de veille stratégique, à même d’offrir à l’entreprise, en amont, les moyens de se doter des outils de veille informationnelle, (analyse et synthèse de l’information, études prospectives et technico-opérationnelles…), et en aval, les outils d’exploitation de l’information, la sécurisation des systèmes d’information, la mise en place de cellules de crise, de stratégies d’influence, de lobbying, entre autre.
Par ailleurs, les ressources humaines occupent dans toute stratégie de développement une place prépondérante et constituent le centre nodal du système productif économique et industriel.
En effet, la nécessité de s’adapter aux mutations économiques, technologiques et socioculturelles, générées par le phénomène de la mondialisation, figure au premier plan des préoccupations des pouvoirs publics.
Le rôle de l’État dans le développement de la formation sera, ainsi, reconsidéré sur la base de critères de qualité et d’efficacité à l’effet de garantir le soutien nécessaire au développement du capital humain.
Un plus grand engagement sera apporté au développement de la recherche et l’innovation pédagogiques. La modernisation des méthodes d’enseignement et de formation, l’amélioration des qualifications de l’encadrement et l’accès aux nouvelles technologies constituent les axes essentiels de l’appui public au système d’enseignement et de formation.
En outre, des structures de gestion des ressources humaines encadrées par des managers favorisant l’introduction de méthodes et d’outils modernes seront mises en place pour assurer le développement du capital humain qui reste un puissant vecteur de promotion économique et sociale, dès lors qu’il s’inscrit dans la rationalité et est utilisé pour répondre aux besoins prioritaires des secteurs et des entreprises, dans la perspective de générer les élites du développement et les capitaines d’industrie.
Les évolutions récentes de l’environnement mondialisé, concurrentiel et compétitif, appellent à une plus grande prise de conscience des nouveaux enjeux du capital humain par les différents acteurs du développement industriel national et les nécessités de la stratégie préconisée. Aussi, un certain nombre d’actions stratégiques sont à considérer en priorité.
Il s’agit notamment de :
▪︎ L’élaboration d’une nouvelle carte de la formation technique et managériale, centrée sur l’excellence,
▪︎ L’élaboration d’une nouvelle carte de la formation de la main d’oeuvre qualifiée pour les métiers de l’industrie, sur la base des besoins exprimés par le nouveau modèle industriel,
▪︎ La mise en place d’un nouveau système d’incitation à l’offre et à la demande en ressources humaines dans le secteur industriel,
▪︎ La promotion de la formation des élites des entreprises sur la base des principes de la compétence et du mérite professionnel.
2️⃣ Le Conseil du Gouvernement a entendu une communication présentée par Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique relative au projet de schéma directeur sectoriel de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à l’horizon 2025.
Élaboré sur la base d’un état des lieux qui met en évidence les dysfonctionnement observés et les nécessaires réajustements à apporter au système de formation universitaire, le projet de schéma directeur préconise une démarche qui privilégie la recherche de cohérence entre les instruments de planification territoriale (Schéma National d’Aménagement du Territoire, armature urbaine…) et la répartition spatiale équilibrée des infrastructures universitaires de formation et de recherche, des effectifs étudiants et de l’encadrement en enseignants.
Il convient de tendre vers une amélioration sensible du taux de couverture de l’espace national et de son rééquilibrage afin d’accroître les opportunités de fixation des normes et des activités.
La recherche de cohérence entre la satisfaction des besoins nationaux de formation supérieure et celle des besoins du développement économique, s’inscrit dans une vision prospective d’intégration des normes universelles de qualité et de facteurs susceptibles d’améliorer les performances de l’ensemble des composantes du système universitaire. Laquelle vision est traduite en actions concrètes dans le projet de schéma directeur.
Il est également attendu du système universitaire projeté à l’horizon 2025, une plus grande coopération entre le monde de la formation universitaire et le monde de la production pour accompagner la dynamique de développement engagée à la faveur du programme de consolidation de la croissance économique, initié par son Excellence, Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République.
Fin du communiqué du Conseil du Gouvernement.
Rappelons enfin qu’en décembre 2006, le Ministre algérien des Participations et de la Promotion des Investissements était Mr Abdelhamid Temmar. Il a occupé ce poste au sein du premier gouvernement dirigé par Mr Abdelaziz Belkhadem, en fonction du 24 mai 2006 au 4 juin 2007.
Mr Abdelhamid Temmar, ancien Ministre Algérien de la Participation et de la Promotion des Investissements, est actuellement en fuite à l’étranger.
En décembre 2022, il a été condamné par contumace à 20 ans de prison pour des accusations de dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus privilèges lors de la conclusion de marchés publics.
Le 3 octobre 2023, il a de nouveau été condamné par contumace à 10 ans de prison ferme, avec confirmation du mandat d’arrêt international émis à son encontre. Cette dernière affaire est liée à la privatisation de l’entreprise publique Batigec au profit de la société belge ETI en 2006.
Je ne ferais pas de commentaires sur ces dernières informations et chacun appréciera selon ses convictions.
(C) 2026 Labdi Abdeldjelil
En savoir plus sur Intelligence Économique et Gouvernance
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




