Je pense que l’implication de l’autorité dans la diffusion de la culture d’intelligence économique en Algérie est quelque chose de nécessaire et d’indispensable.
L’exemple français est à méditer, peut-être à copier (pourquoi pas ?) sous certaines conditions.
En France, cela s’est produit en 2003 lorsque Feu Président Chirac a désigné un ancien directeur du renseignement à la DGSE (Mr Alain Juillet) en tant que Haut Responsable de l’Intelligence Économique (HRIE) auprès du Gouvernement.
La responsabilité et l’implication des autorités est donc nécessaire mais elle n’est pas toujours suffisante pour servir l’économie.
L’exemple français est édifiant sur cette question et ce à plus d’un titre.
L’expérience française en matière d’intelligence économique (et de guerre économique en particulier) date du siècle dernier (les années 90). La première École de Guerre Économique (celle de Paris) a bien ouvert ses portes en 1997 et son trentenaire sera bientôt célébré.
Est-ce que cela a renforcé et servi la performance de l’économie française ?
Est-ce que l’économie française a été bien protégée des appétits de certains alliés naturels de la France ?
Ma réponse sera évidemment très nuancée.
Énormément de fleurons de l’industrie française de haut vol ont été phagocités par de puissants adversaires supposés être du côté de la France et je pense tout particulièrement aux américains. Les américains ont malmené l’économie française d’après guerre. Son intelligence économique et ses compétences en guerre économique ne l’ont finalement pas bien protégé et tout le problème est là.
Quelle a été la part des services de renseignement français dans la diffusion de la culture d’intelligence économique en France ?
Dans le cas français, les services ont de tout temps été quelque peu réticents à l’idée de se mettre à la disposition de l’économie de leur pays. Servir la défense nationale ou la sécurité nationale est plus glorieux que de servir l’économie : C’est un fait qui est éminemment culturel.
J’en veux pour preuve éloquente, les quatre années où Mr Alain Juillet en sa qualité de Directeur du Renseignement de la DGSE a tenté (sans succès) d’orienter les services en direction de l’économie : Peine perdue. C’est cet échec qui a fait décider Feu Chirac à réengager de nouveau Mr Alain Juillet, mais cette fois-ci, ce sera en dehors des services et donc auprès de l’exécutif.
Le bilan de toute cette expérience ?
Je ne voudrais pas m’immiscer dans les affaires franco-françaises mais chacun d’entre-nous est en droit de tirer les conclusions pour son propre pays.
Quelle est la situation chez nous en Algérie ?
Il faut admettre que la première tentative de mettre en place une démarche d’intelligence économique en Algérie a eu lieu au début des années 2000 avec la tenue en 2005 au sein du prestigieux hôtel El Aurassi/Alger du 1er Colloque International sur l’intelligence économique. C’est sur initiative du ministère de la participation que cet événement a pu avoir lieu et Mr Alain Juillet n’était pas très loin.
Pour rappel, l’intelligence économique a été adoptée officiellement en décembre 2006 par le Gouvernement Algérien et c’est presque vingt années qui se sont déjà écoulées sans permettre à cette nouvelle discipline de se déployer et de se développer au sein du monde de l’entreprise en Algérie.
Mr Abdelaziz Belkhadem était alors Chef du Gouvernement et Mr Abdelhamid Temmar (aujourd’hui en fuite à l’étranger et objet d’un mandat d’arrêt international pour corruption et dilapidation de deniers publics) était le Ministre de la Participation et de la Promotion des Investissements.
L’apport des services de renseignement nationaux dans la diffusion de la culture d’intelligence économique au sein de la sphère économique ne s’est jamais exprimé concrètement sur le terrain à ce jour, du moins directement : Une question de culture locale, très probablement.
La seule expérience tentée l’a été durant le milieux des années 80 lorsque l’on a essayé de protéger le patrimoine public en légiférant sur la protection des points sensibles en Algérie.
Actuellement, nous sommes entrain de revenir à un système de protection du patrimoine public similaire mais pas du tout encadré juridiquement et c’est ce qu’il y a lieu de faire en priorité pour renforcer l’initiative et la rendre durable et pérenne.
La sécurité nationale, la protection du patrimoine (public et privé), la préservation et la protection de notre économie nationale n’ont pas de prix et toute initiative serait la bienvenue dans l’intérêt de notre jeune nation.
Ça viendra un jour, ça viendra un jour, cela est certain !
Tout viendra à point nommé lorsque nous serons prêts.
Peut-être que notre pays n’est pas encore prêt ni préparé pour intégrer cette nouvelle discipline, ce nouveau métier, cette nouvelle façon de voir les choses ?
Qui sait ?
(C) 2026 Labdi Abdeldjelil
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