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Intelligence Économique & Gouvernance

Le pouvoir dans les organisations et la culture du secret

Très souvent nous pouvons être amenés à croire que c’est en gardant les informations secrètes, en prenant les décisions seul ou encore en assumant seul des responsabilités que nous avons du pouvoir. Nous pouvons même penser, à tord, que plus nous mettrons de la verticalité dans nos rapports avec nos collaborateurs, plus nous renforcerons notre pouvoir.

Nous avons tout faux dans cette démarche et c’est bien plutôt l’inverse qui se produit. En effet, c’est en partageant les informations avec nos collaborateurs (ou nos partenaires) et en leur permettant de participer activement aux prises de décisions ou à l’élaboration de plans d’action que nous allons les engager encore plus dans nos différents projets.

Les équipes vont se sentir à chaque fois valorisées et en retour elles seront toujours reconnaissantes. Plus nous partagerons le pouvoir et plus les équipes reconnaîtront notre position et donc, indirectement, notre pouvoir.

C’est pour cette raison, que partager le pouvoir, c’est finalement renforcer son propre pouvoir.

Quel est votre avis sur cette question ?

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Le bon sens et la raison : Les piliers d’une gouvernance humaine

Le bon sens et la raison sont les meilleurs gages de réussite en matière de gouvernance des entreprises

Il est bon de savoir que la priorité d’un bon manager n’est pas de tout contrôler pour la simple et unique raison que cela ne sera pas toujours possible. Le métier de manager n’est plus de tout savoir et de tout décider.

Désormais, le bon manager devrait être plutôt très proche de ses équipes pour mieux les accompagner et les animer. Il n’est plus pertinent de faire des reproches en public à un collaborateur. Cela risque de le froisser, de le désengager pleinement de ses activités et à retarder inévitablement l’atteinte de vos objectifs. Quand ce sera nécessaire de faire des reproches ou des remontrances, faites-le en restreint et en privé tout en évitant de toucher à la dignité des personnes.

De plus, n’oublions jamais de donner tous les moyens nécessaires à vos équipes pour qu’elles réalisent aisément leurs missions. Cela signifie que si l’un de vos collaborateurs a besoin d’intervenir sur un toit et qu’il n’a pas d’échelle pour le faire, il ne pourra jamais y arriver : Cela est tout simplement ce que nous appelons du bon sens.

Il faut savoir aussi que la peur de la sanction empêche tout collaborateur à prendre des initiatives créatrices de valeurs. Donc ne sanctionnons pas de manière systématique, répétée et abusive. Prenons toujours le temps de comprendre ce qui s’est réellement produit avec calme et sérénité. Dans tous les cas, Il ne sert à rien de s’emporter à tout va et savoir aplanir les choses quand il le faut. Penser plutôt à récompenser et à féliciter le plus souvent possible vos équipes afin de mieux les motiver.

Sachant enfin que toute personne étant unique de par sa constitution, ne cherchons pas à uniformiser tous nos collaborateurs. Au contraire, travaillons sur les forces de chacun pour aller au bout de nos objectifs et identifions leurs faiblesses afin d’apporter toute l’aide et l’assistance nécessaires pour leur amélioration.

Voilà, c’était un résumé très sucint de ce que pourrait être un management dans lequel nous intégrons de la dimension humaine. Il n’y a rien à inventer et tout est issu de l’emploi pertinent du bon sens et de la raison.

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Manager, c’est d’abord apprendre à faire confiance

La confiance est un élément fondamental dans le management et c’est pourquoi le management est souvent appelé l’art de faire travailler intelligemment les gens. Un bon manager est celui dont les équipes travaillent plus et mieux même quand il est absent. Si vous êtes absent et que tout se passe bien, alors cela signifie que vous avez fait correctement votre travail.

La présence du manager sur les lieux du travail n’est jamais obligatoire pour que tout se déroule normalement et j’encourage vivement cette manière de faire les choses. En effet, être toujours présent signifie que nous pensons que nos équipes n’y arriveront pas sans nous.

Traduction : Vous n’avez pas suffisamment confiance envers vos équipes.

Cette présence quasi-permanente rend nos équipes dépendantes de notre présence et manager c’est tout à fait le contraire. Nous devons nous assurer que durant notre absence, nos équipes doivent avoir l’envie de nous prouver (mais aussi de se prouver à elles-même) qu’elles peuvent y arriver. Ainsi, la confiance que nous leur manifestons fera que leur satisfaction et expérience en seront encore plus grandies.

Être absent, c’est donc obliger les équipes à développer leurs compétences et à s’engager pour atteindre les objectifs retenus. C’est précisément ce style de management qui est à encourager et à développer au sein de nos entreprises.

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Ma première rencontre avec l’intelligence économique

Je tiens à préciser que ma première rencontre avec l’intelligence économique remonte à l’année 1992 (trente ans déjà) où j’ai démarré une formation dans le domaine du Management. Il s’agissait de la 1ère Post Graduation Spécialisée (PGS) en Management organisée en Algérie dans le cadre de la coopération Algéro-Française. Cette formation à duré deux années (de 1992 à 1994) et m’a permis de toucher du doigt pour la première fois au monde de l’économie et de l’entreprise.

Je suis mathématicien de formation à l’origine et je n’avais à l’époque aucune notion d’économie, de gestion, encore moins de droit ou de marketing. Cette formation avait pour but de me mettre à jour sur les questions de management et de gouvernance car on venait juste de me confier de nouvelles responsabilités dans le domaine de la gouvernance institutionnelle.

En terme de qualité, la formation était excellente à plus d’un titre m’ayant permis de découvrir pour la première fois de nouvelles disciplines pour le pauvre mathématicien que j’étais : Management – Stratégie (j’avais des notions sur cette question) – Recherche opérationnelle (que je connaissais déjà en tant que mathématicien) – Marketing – Droit – Sociologie – Ressources humaines et j’en passe. Les deux années m’ont permis de combler énormément de vides dans mon esprit très curieux pour tout ce qui touche de près ou de loin à ce qui fait tourner notre société.

Cette première PGS en Management avait pour but de mettre à jour nos dirigeants d’entreprises dans le domaine de la gestion et améliorer leur prestation. Cette mesure a été prise dans le cadre des réformes économiques qui venaient juste d’être mises en place dans le cadre de notre « transition » vers l’économie de marché qui dure malheureusement encore aujourd’hui.

Au fur et à mesure que la formation avançait, je me rendais compte que les contenus délivrés étaient excellents, nécessaires mais non suffisants. Quelque chose manquait à cette formation, quelque chose d’essentiel était absent dans les programmes développés.

J’ai immédiatement identifié avec précision le manque constaté la toute première année de formation et cela avait un lien avec ce que j’ai nommé à l’époque « la gestion de l’information pour la prise de décision ». On entendait pas encore parler d’intelligence économique en ce moment, nous étions au début des années 90.

J’étais convaincu à ce moment là que si nous souhaitons avoir de bons managers pour nos entreprises, il était nécessaire de leur apprendre comment prendre des décisions grace à la gestion pertinente des informations. Il est vital pour un chef d’entreprise de se familiariser avec l’information dans ses actes quotidiens. Bien entendu, cette conviction m’est venue à l’esprit tout simplement en raison de ma formation de base et découlait de mon vécu professionnel d’analyste.

Sitôt la formation terminée, j’ai décidé d’approfondir cette manière de gérer les choses en mettant en pratique ce que je venais d’apprendre en PGS Management avec ce que je savais déjà du monde de l’information. J’ai démarré alors mon premier projet d’entreprise qui consistait à l’époque à la réalisation d’un processus de numérisation de données internes.

Le projet à démarré en août 1994 avec l’introduction du premier PC au sein de notre entité. C’était, je me le rappelle comme aujourd’hui, un petit PC de la marque Olivetti avec 40 Mo de disque dur et sa fameuse disquette 3 pouces et demi. Cette histoire devrait figurer en bonne place dans un musée consacré à l’informatique.

Le processus de numérisation a donc pris une année entière avec la saisie d’une multitude de données sur nos premiers SGBD (Système de Gestion de Base de Données) sous Dos. Mon choix s’est porté à l’époque sur le Logiciel d’Ashton-Tate Dbase 3+ qui répondait très largement à nos besoins du moment.

À la fin du processus de saisie de données avec activation du partage des différentes Bases de Données, toutes les procédures de travail ont été changées, transformées et finalement révolutionnées. Le travail qui demandait auparavent un délai d’au moins une semaine pour le faire se réalisait finalement en quelques clics de souris. Il fallait tout juste attendre le temps que l’imprimante finisse son travail d’impression des résultats.

Incroyable mais vrai, une véritable magie se mettait en place, une révolution des modes de gestion était en marche. C’est la toute puissance des nouvelles technologies qui s’exprimait et s’étalait au grand jour. Je me suis même mis à la programmation sous Dbase pour automatiser toutes nos routines : Gestion du personnel, finances et comptabilité, recherche documentaire, etc.

Cela a été une expérience formidable en intégrant les technologies de l’information et de la communication dans la gestion. On pouvait accéder instantanément à toutes les informations souhaitées. Nous avions besoin d’un donneur de Sang O négatif, pas de souci, c’est pas compliqué. Il suffisait de consulter la base de données du personnel et trouver en quelques clics celui qui était le plus proche. Nous avions besoin d’un ingénieur en agronomie ou d’un technicien en bâtiment dans un rayon de 100km, pas de souci. On interroge la base de données et les résultats sortent immédiatement. Quelle merveille !

C’est suite à cette première expérience que j’ai commencé à construire et affiner ma démarche d’intelligence économique. Pour faire simple, ma démarche d’intelligence économique est basée sur quelques principes élémentaires : Le bon sens d’abord et c’est l’essentiel, le questionnement permanent et enfin le recours aux technologies de l’information et en particulier aux base de données.

Vous avez un problème à résoudre, alors commencez par mieux connaître ce problème en créant une base de données où vous allez consigner tous les événements liés à ce problème. Commencez par saisir vos données de base et patientez le temps d’avoir suffisamment de données pour pouvoir commencer à analyser. Grâce à des requêtes informatiques, vous allez extraire des données de vos bases et ce sont ces extractions de données qui vont vous permettre de trouver une issue à votre problème.

J’ai utilisé cette méthode une multitude de fois et toujours avec grand succès. Le processus est simple : Identification du problème – Création de la ou des bases de données nécessaires pour bien comprendre le problème – Saisie de données – Observation et extraction de données – Émergence d’idées de solutions – Mise en œuvre de la solution – Vérification et contrôle des résultats. Si c’est satisfaisant, c’est parfait. Dans le cas contraire, reprendre le processus depuis le début.

La grande difficulté a été toujours au moment de la création de la base de données et surtout sur le choix des rubriques d’information de la base de données. Il fallait à chaque fois prendre tout le temps nécessaire pour faire les bons choix : Il ne sert à rien de courir, il faut toujours partir à point. Toutes les chances de succès de la démarche se retrouvent dans la nature des informations à privilégier dans la base de données. Et bien sûr, nous pouvions multiplier les bases de données autant de fois que nécessaire et les croiser. Cela nous permettait l’accès à des informations capitales et extrêmement intéressantes.

En terme de Logiciels, je ne suis pas resté longtemps avec Dbase. Dès que le système d’exploitation de Microsoft est passé au mode graphique, je me suis reconverti à Access (C’est un SGBD de Microsoft en mode graphique) et finalement lorsque les bases de données dévenaient trop importantes, c’est vers Oracle que je me suis dirigé. Oracle, c’est du lourd.

En conclusion, je vous dirais que ma démarche d’intelligence économique serait un condensé de bon sens, de questionnement permanent accompagnés d’une dose de technologies, rien de plus : L’essentiel est dans la pratique de la démarche.

Bravo pour être resté jusqu’à la fin de cet article et merci pour votre confiance et fidélité 😊.

Dans le cas où vous souhaitez acquérir les fondamentaux de la démarche d’intelligence économique, je porte à votre information que je dispense des formations en ligne sur cette question. Pour avoir plus de détails sur cette formation personnalisée qui se fera en One to One, prenons rendez-vous en ligne.

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(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Protection de l’entreprise et gouvernance

Que peut apporter une démarche d’intelligence économique pour la protection de l’entreprise ?

Essayons d’abord de préciser les choses : Nous souhaitons protéger l’entreprise, d’accord, mais la protéger contre quoi ? Quels sont les risques éventuellement encourus par l’entreprise ? Quels sont les facteurs de menace ? Quels sont les facteurs de risque et de vulnérabilité ?

Rappelons-nous que deux mots clés décrivent on ne peut mieux la démarche d’intelligence économique. Il s’agit des termes « questionnement permanent » et « anticipation ». Le questionnement permanent pour mieux connaître nos problèmes (et faire émerger des solutions ou voies de sorties) et l’anticipation pour avoir plus de visibilité sur le futur.

Le seul travail à faire pour mieux protéger nos entreprises serait de collecter des informations révélant et identifiant des menaces probables ou possibles pouvant avoir des conséquences néfastes sur le devenir de l’entreprise. Deux types de données sont à collecter en pratique : Données internes & Données externes.

En interne, les informations à collecter toucheront impérativement à toutes les fonctions de l’entreprise :
1☆ Les données financières et comptables pour s’informer sur la viabilité de l’entreprise et l’équilibre des comptes.

2☆ Les données commerciales pour analyser l’efficacité de la fonction commerciale et des personnels engagés dans cette fonction.

3☆ Les données liées à la production s’il s’agit d’une entreprise industrielle. Dans ce cas de figure, c’est les questions de coûts de production qui seront mis en avant afin d’optimiser au maximum la rentabilité de l’entreprise pour être compétitif. L’accès aux matières premières, les stocks en notre possession seront également des points à éclaircir.

4☆ L’état de la ressource humaine.

Nous commencerons par numériser toutes les données internes de l’entreprise. Cela nous permettra par la suite d’avoir un accès rapide aux informations souhaitées, nous faciliter le travail d’analyse et enfin décider.

Les rubriques d’information seront organisées en quatre principales bases de données :
1- Reporting financier et comptable,
2- Reporting lié à la fonction commerciale,
3- Reporting lié à la fonction production,
4- Reporting lié à la fonction ressource humaine (état et disponibilité de la ressource, absentéisme, arrêts maladie, turnover, etc.).

Pour les données externes, il s’agira de dresser une liste la plus complète possible des sources d’informations à surveiller pour observer l’environnement général de l’entreprise. C’est la mise en place de notre système de veille :
▪︎Veille commerciale et concurrentielle,
▪︎Les tendances du marché,
▪︎Veille juridique, réglementaire et fiscale,
▪︎Les marchés financiers,
▪︎Marchés mondiaux des matières premières et des fournitures,
▪︎Obligations environnementales,
▪︎Toute source d’information fiable et pertinente.

Pour ce qui est du Reporting, il va falloir opter pour un choix judicieux quant à la fréquence des retours. En effet, il y a lieu de décider si le Reporting doit être quotidien, hebdomadaire ou mensuel. Tout dépendra bien sûr de la nature des informations collectées.

Quand cela est possible, il y a lieu de privilégier le Reporting quotidien sinon ce serait au moins la semaine. Un Reporting mensuel est à éviter car en terme de réactivité, un mois c’est trop long pour réagir à des imprévus. Les tendances générales doivent être révélées au moins à une semaine prés pour mieux ajuster vos décisions managériales. Un mois est un délai trop long pour mettre en place des mesures de réactivité face aux risques et aux menaces.

Finalement, le meilleur pari pour protéger l’entreprise serait d’améliorer sa gouvernance et la démarche d’intelligence économique sera votre meilleur outil.

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(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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La bienveillance est une stratégie gagnante !

La bienveillance envers ses collaborateurs est une excellente stratégie pour renforcer leur engagement, fidélité et loyauté envers l’entreprise.

N’ayez pas peur de vous rapprocher de vos collaborateurs en engageant régulièrement et fréquemment des conversations avec eux. Cela vous permettra de mieux les connaître et avoir ainsi accès de manière indirecte à leurs préoccupations personnelles et difficultés professionnelles.

Ce sera alors une excellente occasion pour leur apporter aide et assistance autour de leurs soucis. Ce n’est jamais du temps perdu, je vous l’assure. Bien au contraire, cette façon de faire est un réel investissement ainsi qu’un pari sur le futur d’une ressource humaine généreuse et infinie.

J’ai rencontré au cours de ma vie professionnelle énormément de chefs d’entreprise, CEO ou tout simplement « Patrons » ou « Grands Boss » qui s’enferment à double tour dans leurs bureaux capitonnés.

Même la secrétaire particulière ou l’assistante personnelle ne peut accéder directement à leur bureau s’ils ne lui ouvrent pas eux-mêmes la porte en actionnant le bouton de la serrure électromagnétique. Incroyable mais vrai, le Boss est bien caché et se protège. A-t-il peur de quoique ce soit ?

En tous les cas c’est l’impression qui se dégage à travers cette attitude. Ce genre de « petits chefs » ont peur du contact direct avec leur personnel. Pourquoi ? Ils ont peur d’être dévoilés ? Que risquent-ils de dévoiler ? Que veulent-ils cacher ?

Ne nous mentons pas chers amis, il s’agit tout simplement d’un manque de confiance en soi et d’une absence flagrante d’assurance : Incompétence quand tu nous tiens.

En conclusion, je vous dirais que si vous souhaitez améliorer vos rapports avec vos collaborateurs et les encourager à performer, une seule issue : Rapprochez-vous d’eux. Nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains.

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Rôle et place de l’information dans la gouvernance

Dans la vie moderne, l’information joue un rôle considérable dans beaucoup de domaines et le gagnant est celui qui est le mieux informé.

Prendre une décision consiste avant tout à réunir, puis à interpréter des informations. Dans bien des cas, lorsque le dossier est complet, lorsque toutes les informations nécessaires ont été réunies, la décision s’impose d’elle-même.

Lorsqu’une décision est difficile à prendre, cela signifie tout simplement que le dossier est incomplet. Le plus souvent, l’homme qui gère mal ses affaires est un homme mal informé. Les informations dont il dispose sont fragmentaires. Il conduit ses affaires au jugé, à l’à-peu-près et non au vu d’indications précises, de chiffres, de pourcentages.

Qu’il s’agisse d’une décision simple ou d’une suite de décisions aux implications multiples, le réflexe que doit avoir la personne qui veut réussir doit toujours être d’examiner les informations, toutes les informations et de regarder les chiffres, tous les chiffres.

Ne jamais s’engager avant d’avoir réuni toutes les informations utiles et réserver sa décision jusqu’à réunion complète de ces informations. Seuls les chiffres, seuls les informations solides doivent gouverner la réalité. Tout le reste est du domaine du rêve et expose à des réveils désagréables.

Le chef d’entreprise devra être curieux au maximum de tout ce qui concerne son entreprise. Il devra demander à son comptable une très grande variété de chiffres, sur tous les aspects de l’activité de l’entreprise. Des chiffres bruts et aussi des ratios, des pourcentages.

Toute la politique à suivre pour la direction de l’entreprise est inscrite dans les chiffres, qui ont tendance à sommeiller au niveau du service comptabilité, mais qu’il faut à tout prix ramener au jour, en procédant à des analyses, à des récapitulations, afin que les chiffres, ainsi alignés, ainsi mis en vedette, puissent hurler haut et fort les vérités criantes qu’ils contiennent. Tout ce que l’entreprise doit faire pour prospérer est inscrit dans les chiffres.

De même, le chef d’entreprise demandera le maximum d’informations, de rapports, aux personnes qui sont en contact avec la clientèle, afin d’être au courant des réflexions, des objections des clients.

Tout ce qui est utile à l’entreprise pourra être trouvé par la simple lecture de ces rapports. Au besoin, il ira voir sur place. En tout cas, il évitera le travail en vase clos. Il ouvrira largement ses fenêtres aux informations, d’où qu’elles viennent.

Quant à ceux qui secondent un chef quel qu’il soit, ils se montreront efficaces en lui fournissant spontanément le plus possible d’informations sur le secteur d’activité dans lequel ils travaillent.

Dans tous les domaines, dans toutes les activités, l’information a une valeur inestimable. Disposer de mauvaises informations ou d’informations insuffisantes, c’est s’exposer à de lourdes erreurs dans l’action.

Quelle que soit mon activité, je dois prendre connaissance de tout ce qui intéresse cette activité. Je dois me maintenir curieux à l’égard de cette activité, sous peine de devenir très rapidement incompétent. Les heures consacrées à réunir des informations se paient largement, se paient toujours, et plus que jamais, à notre époque particulièrement complexe.

L’homme bien renseigné évite les erreurs et, de plus, gagne un temps considérable dans la prise de décisions quelles qu’elles soient. Toute décision relève pour lui de la plus froide raison et non plus de facteurs émotionnels. Voyant les faits, il sera obligé de voir les choses telles qu’elles sont, alors que l’homme imparfaitement renseigné a une tendance fâcheuse à les voir telles qu’il voudrait qu’elles soient.

Réunir des informations, c’est les demander à ceux qui les détiennent, c’est lire les publications qui les contiennent, c’est aussi observer, ouvrir largement la fenêtre sur le monde et apprendre à y lire, non seulement des informations, mais également des enseignements.

Observer ! Voir ce qui est devant moi et ne demande qu’à être vu, le voir ou, plus exactement, en prendre conscience. Comme c’est difficile ! Tout est inscrit dans le « vaste livre du monde », mais comme il est difficile de le voir, de l’interpréter !

Ce magnifique texte est extrait du livre La technique du succès écrit par André Muller et ne peut être qu’une pertinente description de la démarche d’intelligence économique oh combien utile dans la gouvernance des entreprises et organisations. Ce texte est tout simplement un formidable programme détaillé et complet qui met en avant le rôle et la place de l’information dans la gouvernance et dont la mise en œuvre ne peut qu’être bénéfique à l’entreprise.

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(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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La pensée latérale

Le concept de pensée latérale, on le doit à Edward de Bono né en 1933 à Malte et vivant aux États-Unis. C’est un psychologue, médecin et spécialiste en sciences cognitives.

Son concept de pensée latérale a été décris pour la première fois en 1971 dans un ouvrage destiné au monde de l’entreprise et intitulé « Lateral Thinking for Management ». Il est également l’auteur de nombreux ouvrages dédiés à la créativité et à l’innovation au sein de l’entreprise.

Comment peut-on décrire le concept de pensée latérale appelée également imagination créatrice ?

La pensée latérale consiste à tenter de résoudre un problème grâce à des approches qui peuvent sembler non rationnelles, illogiques et souvent inhabituelles. C’est une méthode très efficace pour repenser un problème sous un  angle différent et en empruntant des chemins ignorés jusque-là : Thinking out of the box

Pratiquer la pensée latérale, c’est d’abord et avant tout une question de perception des choses. L’objectif est de rechercher différents points de vue et de générer de nouvelles idées.

Il faut admettre d’abord que notre attention est souvent centrée sur la difficulté que nous éprouvons face à un problème. Mais, il serait plus pertinent de s’arrêter un instant et de diriger notre regard vers des aspects du problème qui ont été ignorés jusque-là. Il ne s’agit pas de générer immédiatement de nouvelles idées géniales mais juste de constater l’existence de zones qui n’ont pas encore été explorées.

Il faut donc se poser en permanence la question s’il s’agit vraiment de la seule façon d’envisager ou de résoudre notre problème ? Le défi consistera alors à accepter le fait que nous sommes régis par des habitudes et qu’une fois notre idée faite, il est généralement très difficile de s’en débarrasser.

Le but de la pensée latérale est de trouver de nouvelles options alors que toutes les possibilités semblent avoir été envisagées et réfléchir à de nouvelles possibilités.

La pensée latérale est finalement un exercice qui permet de libérer notre esprit et d’envisager les choses sous une multitude d’angles afin de trouver l’issue à notre blocage, problème ou tout autre difficulté.

Dans son livre « Réfléchir vite et bien »,
Edward de Bono estime que la pensée latérale est à la fois un état d’esprit et un ensemble de méthodes bien définies. Elle implique d’abord la volonté d’essayer de voir les choses de manière différente, qu’on admette notre vision des choses comme une possibilité parmi d’autres, ensuite que l’on comprenne comment le cerveau utilise des structures et comment il faut s’évader d’une structure une fois formée pour en trouver une meilleure. Qu’y a-t-il de bien sorcier là-dedans ?

En conclusion je vous dirais que, dans le cas où la notion de pensée latérale n’est pas encore suffisamment claire pour vous, je vous invite à lire le conte ci-après qui décrit de manière pertinente une action entreprise avec le mode de pensée latérale.

Le conte des 2 galets ou comment mieux comprendre la pensée latérale

Très bonne lecture 😊.

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Démarche d’intelligence économique en Algérie : Un outil qui reste à découvrir

Je vous livre en exclusivité le contenu de l’interview que j’ai accordé au Journal Ebourse dans son édition de ce jour 24 Avril 2022.

Dans la présente interview, j’ai essayé de mettre en avant l’un des fondamentaux de l’intelligence économique, à savoir, prendre conscience de son espace d’ignorance et tenter d’acquérir la connaissance, soit la bonne réponse à un problème identifié, en posant la bonne question. J’ai soutenu également lors de cet interview que l’intelligence économique est un précieux outil au service de la gouvernance des entreprises et des organisations mais qui reste malheureusement méconnu aussi bien par les entreprises que par les universités et grandes écoles de formation.

Ebourse : Vous définissez l’intelligence économique comme étant l’art et la science des questions. Pourriez-vous nous en donner quelques précisions ?

Mr Abdeldjelil Labdi : Je vous répondrais à cette question, en m’appuyant sur une célèbre citation d’Albert Einstein qui disait que, s’il avait une heure, soit 60 minutes pour résoudre un problème dont sa vie dépendait, il passerait les 55 premières minutes à trouver la meilleure question à se poser. Lorsqu’il trouverait cette question, il lui suffirait, alors, 5 minutes seulement pour trouver la bonne réponse. Autrement dit, un problème, lorsqu’il est bien posé et mieux identifié, il est toujours à demi résolu. 

Savoir ce que l’on veut est essentiel dans notre vie, aussi bien professionnelle que personnelle, et c’est le fondement même de la démarche d’intelligence économique. La finalité première du management des entreprises est de résoudre des problèmes. Cela se passe, bien entendu, tous les jours. Quoi de mieux que de connaître en profondeur ses problèmes ? Comment ? Par le questionnement permanent, bien sûr. Trouvez la bonne question relative à votre souci et le problème est quasiment résolu. C’est le fondement même de l’intelligence économique: Prendre conscience de son espace d’ignorance et tenter d’acquérir la connaissance (ou l’information) qui manque.

C’est donc un précieux outil au service de la gouvernance des entreprises et des organisations, selon vos propres dires. Pourquoi alors aucune entreprise, me semble-t-il, ne l’a adopté jusqu’à présent en Algérie ?

L’ignorance est un fléau universel. Toute la planète en souffre et notre pays n’y échappe malheureusement pas. Nos entreprises ne savent tout simplement pas qu’il existe un outil très pratique qui peut leur rendre d’énormes services dans leur gestion de tous les jours. Nos grandes écoles et universités sont également dans la même ignorance et elles n’en parlent presque pas. La démarche d’intelligence économique est donc un outil qui reste à découvrir.

Qu’en est-il justement de son enseignement dans nos écoles et nos universités ?

A mon sens, on ne peut dissocier les deux disciplines que sont le management et l’intelligence économique. Ces deux disciplines doivent agir simultanément et en parfaite cohérence au profit de l’entreprise. L’intelligence économique ne doit jamais rester un luxe inaccessible pour le monde de l’entreprise.

Les formations dispensées jusqu’à maintenant au profit de l’entreprise aussi bien par l’université que par nos écoles privées sont, à mon sens, incomplètes pour bien armer nos étudiants de façon à affronter les défis du monde de l’entreprise d’aujourd’hui et de demain où l’incertitude, l’insécurité, l’imprévisibilité et l’instabilité règnent en maîtres.

Même les nombreuses formations High Tech et très coûteuses dispensées par le privé, du type MBA toutes spécialités confondues et Ingéniorat d’affaires, sont concernées par cette problématique. Nos étudiants destinés à être les acteurs du monde de l’entreprise de demain doivent nécessairement s’approprier l’ensemble des techniques, savoir et savoir-faire du monde très fermé de l’information et de son utilisation dans le monde de l’entreprise.

L’information, l’information opérationnelle, l’information stratégique, l’information prévisionnelle ou encore le renseignement sont nécessaires pour accroître la visibilité de l’entreprise dans un monde de plus en plus mouvant et instable. 

Ce ne sont pas uniquement les informations brutes qui sont collectées à travers les sources classiques qui sont sollicitées lorsque l’on veut mettre en place une meilleure gouvernance. Ce sont également les informations issues des traitements analytiques grâce aux nombreux outils informatiques disponibles actuellement qui doivent être intégrés dans les processus décisionnels en entreprise. 

Et toute cette technologie de la gestion de l’information est fournie grâce à la démarche d’intelligence économique. Je dirais qu’enseigner du management sans intelligence économique est un investissement qui n’est ni performant ni rentable. Nos écoles, universités et académies dédiées à l’entreprise doivent se remettre en cause et s’adapter au nouveau monde de demain qui frappe déjà à nos portes.

Il est aussi déplorable de constater qu’aucun cabinet ou bureau d’expertise n’est ouvert en Algérie pour des services d’intelligence économique. Comment expliquez-vous cette défaillance ?

Je vous répondrais à cette question en constatant tout simplement que le terme «Intelligence économique» est toujours inexistant dans le lexique des codes d’activités délivrés par le Centre national du registre du commerce en Algérie. Traduction : L’intelligence économique n’est pas une activité reconnue d’utilité publique par les autorités. 

Que préconisez-vous pour mettre sur rail l’intelligence économique dans notre pays ?

J’estime, à mon sens, que l’urgence des urgences sera de commencer par définir, avec précision, le modèle de développement économique que nous souhaitons mettre en place pour notre jeune pays. 

Vers la fin des années 80, nos décideurs ont pris conscience de la non pertinence du modèle socialiste suivi dès notre indépendance acquise. Dès lors, ils ont décidé de lancer tout un plan de réformes économiques pour aller vers une économie plus libérale. Nous sommes donc, depuis plus d’une trentaine d’années, dans une phase de transition vers une économie de marché. Cette phase de longue transition doit être écourtée en toute urgence et décider enfin de ce que nous souhaitons pour notre jeune nation. 

Nous n’avons malheureusement pas beaucoup de choix à faire. Tendre vers une économie de marché sera notre unique salut. Bien évidemment, le caractère social de l’Etat algérien devra être maintenu mais en examinant attentivement quelles mesures seraient idoines pour préserver les populations vulnérables. Un autre gros chantier devra être entrepris pour voir comment réhabiliter le travail, source de toute richesse. Nous devrons également produire au moins ce que nous mettons sur nos tables à manger (sécurité alimentaire), réhabiliter la justice, la santé et l’éducation, piliers non négligeables d’un Etat viable.

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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Qu’est-ce qui freine l’avancée du numérique en Algérie ?

Appelons un chat, un chat, si nous souhaitons mieux comprendre notre environnement et bien avancer. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication laissent des traces et cela n’arrange pas tout le monde. Les agents véreux de l’administration voient d’un très mauvais œil tout ce qui se rapporte à la technologie et en particulier à l’informatique. Les opérations de numérisation des procédures administratives faites dans différents secteurs ont limité très fortement l’intervention humaine et donc protégé contre toute intervention intempestive bloquante. Moins il y a d’intervention de l’homme et plus c’est fonctionnel et fluide.

Pourquoi l’administration fiscale n’est pas fortement numérisée ? Une question pertinente ! Visitez les infrastructures détenues par l’administration fiscale et vous devinerez pourquoi cette administration ne veut pas se moderniser et s’équiper convenablement. La collecte de l’impôt est pourtant une activité vitale des gouvernements et permet de financer les activités des pouvoirs publics. Pourquoi donc laisser cette administration dans un état archaïque ? Intervention de l’homo-sapien ? Trop de numérisation limiterait son intervention ?

Oui, tout à fait, la numérisation est l’ennemi numéro un de la bureaucratie et de la corruption quand elle permet l’accès facile et rapide à l’information tout en garantissant plus de transparence et de visibilité. Moins il y a d’intervention humaine et mieux ça marche. Plus il y a de transparence et moins il y aura d’agents véreux, c’est tout simple. La loi s’applique à tous, de la même manière et sans aucune exception.

Qu’en est-il de la situation au niveau des Douanes Algériennes ? Le même constat pourrait être établi : Avec moins d’intervention humaine, il y aura plus d’efficacité. Quel est l’arme redoutable de l’agent véreux ? L’information, bien sûr, l’information précieuse qu’il cache si bien. Introduisons donc plus de transparence, partageons l’information à tout va, facilitons l’accès à l’information et le tour est joué. Par quel moyen cela serait-il possible de le faire ? La numérisation, les outils technologiques, les NTIC, la Data pour tous, l’interopérabilité, les connexions facilitées, etc.

Qu’en est-il des transactions Monétiques ces dernières années en Algérie ?

Les chiffres communiqués par le GIE Monétique sont édifiants à plus d’un titre et je vous laisse le soin de le découvrir par vous même.

Les transactions Monétique (Source GIE Monétique )
Le premier chiffre est celui du nombre de transactions effectuées et le second est le montant des transactions.

2016 : 7 366 – 15 Millions DA
2017 : 107 844 – 267 Millions DA
2018 : 176 982 – 332 Millions DA
2019 : 202 480 – 503 Millions DA
2020 : 4 593 960 – 5 423 Millions DA
2021 : 7 821 346 – 11 176 Millions DA
2022 : 1 186 188 – 2 145 Millions DA

NB : Pour l’année 2022, cela ne concerne que les mois de janvier et de février 2022.

On observe donc parfaitement que les transactions monétiques n’ont finalement démarré que durant l’année 2020 passant en une année (de 2019 à 2020) de 202 480 transations à 4 593 960 (une croissance de 2268%) accompagnés d’un montant qui passe de 503 millions de DA à 5 423 millions de DA (soit une progression de 1078%).

Que s’est-il donc passé durant cette année 2020 pour faire bondir ces chiffres ?

Deux événements majeurs se sont produits cette année 2020 : La pandémie sanitaire bien sûr ainsi qu’un événement lié à Algérie Poste. Ce dernier évènement est, je pense, celui qui est à l’origine en réalité de ce notable changement. En fait, le 05/01/2020 a été le début de l’interopérabilité des cartes CIB (Banques) et Edahabia (Algérie Poste). C’est en quelque sorte l’autorisation d’Algérie Poste à rejoindre le paysage bancaire Algérien à travers sa nouvelle carte Edahabia. C’est donc Algérie Poste qui a fait grimper les chiffres durant l’année 2020 et les doubler encore plus l’année 2021 qui a suivi avec 7 821 346 transactions (170% de croissance) pour un montant de 11 176 millions de DA (206% d’augmentation).

Quelques chiffres pour mieux saisir les enjeux entre nos Banques et Algérie Poste :
▪︎ Plus de 23,6 millions de comptes CCP pour une moyenne de 14 millions de comptes bancaires.
▪︎ Plus de 10 millions de carte Edahabia et environ 2,5 millions de cartes CIB distribuées.
▪︎ Plus de 3800 bureaux de poste répartis sur le territoire national.

Pour les personnes qui ne le savent pas, Algérie Poste n’a été autorisée à effectuer des virements de compte à compte qu’au mois de décembre 2019. Oui, c’est incroyable, mais c’est ainsi que cela se passe. Avant cette date, il était interdit à Algérie Poste de faire le compte à compte et cette interdiction émane bien sur des lobby bancaires, ABEF en tête de liste. Je rappelle que l’ABEF est l’association des banques et établissements financiers.

En résumé, il faut juste retenir que les Banques n’ont jamais porté dans leur cœur Algérie Poste qui a toujours été vue comme une rude concurrente. L’ABEF n’a jamais accepté qu’Algérie Poste puisse faire le travail d’une banque. Il a fallu l’arbitrage du Chef du Gouvernement pour autoriser enfin Algérie Poste à effectuer le compte à compte à la fin de l’année 2019. La survenue de la pandémie sanitaire le premier trimestre 2020 n’a fait que renforcer la décision prise qui permettra au titulaires de cartes Edahabia de faire des transactions en ligne et éviter de fréquenter les Bureaux de Poste en soutien aux conseils sanitaires prodigués par les autorités. Une excellente chose finalement. Eh bien non malheureusement, le lobby bancaire frappera de nouveau durant le premier trimestre de l’année 2021.

En effet, en date du 21 mars 2021, les plus hautes autorités du pays décident de la fermeture de tous les comptes commerciaux d’Algérie Poste. Cette décision a été prise en réaction à la situation au niveau des Bureaux de Poste suite au manque de liquidité financière. En gros, il a été admis que ce sont les comptes commerciaux détenus par Algérie Poste qui sont à l’origine du manque de liquidité financière.

Est-ce vraiment le cas ? Rien n’est sûr et en tous les cas, moi je n’y crois pas. C’est juste une réaction du lobby bancaire suite à la diffusion par le GIE Monétique et pour la première fois les chiffres éloquents sur les transactions monétiques depuis 2016 à ce jour. Au vu du succès éclatant de la carte Edahabia par rapport à la carte CIB, les banques ont eu peur pour leur avenir et ont actionné leurs réseaux pour finalement induire en erreur les premiers décideurs. Les comptes commerciaux d’Algérie Poste n’ont rien à voir avec le manque de liquidité financière et il faut chercher les vrais raisons du côté économique plutôt. Avec la pandémie sanitaire, l’économie nationale s’est tout simplement réduite au strict minimum touchant ainsi aux flux monétaires.

En conclusion, je dirais que si nous souhaitons développer le Numérique en Algérie, il faut encourager Algérie Poste à Aller de l’avant et non la bloquer. Les pouvoirs publiques doivent soutenir et assister Algérie Poste à remettre à jour le vieux dossier de la Banque Postale.

Algérie Poste sera-t-elle la première banque numérique en Algérie ?

Je dirais oui sans aucune hésitation aucune !

Pour donner enfin au numérique tout son essor, deux gros chantiers devraient être ouverts dans l’urgence :
1- La réforme du système bancaire et monétaire,
2- Une grande réforme fiscale visant en tout premier lieu, l’équité fiscale.

(C) 2022 Labdi Abdeldjelil

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